Ben Idriss Zoungrana : Le photographe légendaire
Il est entré dans la presse avec un stylo, et il en est ressorti avec un boîtier vissé au cœur. Un photographe présent dans les stades. Dans tous les événements ! Pour immortaliser.
Ben Idriss Zoungrana alias BIG-Z pour les intimes, journaliste de formation, photographe de vocation. Décédé le 13 mars 2026, à 73 ans, il laisse derrière lui 35 ans de déclenchements, de terrains, de regards.
A 13 ans, sa mère lui offre son premier appareil. Premier sponsor, premier amour. Dès là, plus rien ne l’arrête. Abidjan, Ouagadougou, Dakar, Moscou, puis les Etats-Unis. Boursier aux Jeux Olympiques de Los Angeles, il en profite pour apprendre la photo statique, d’action, de portrait… et même la photo de guerre. Une discipline rare pour un Africain à l’époque. Il ira l’appliquer sur le terrain, lors du conflit entre le Burkina et le Mali.
A l’Observateur, devenu Paalga, puis à la naissance de Sidwaya en 1984, il a traîné sa bosse. Quatre ans sans salaire. On lui a cassé du matériel, on l’a brutalisé aux sommets. Il est revenu le lendemain, avec un autre appareil et le même sourire. Parce que pour lui, « une journée sans au minimum 100 à 200 photos, serait invivable ».
A Samendéni, lors d’une sortie du Président Blaise Compaoré, il a claqué 1259 photos quand d’autres en faisaient 10. Rien ne devait lui échapper.
BIG-Z appelait tout le monde « Kolo kolo ». Un mot tendre, fraternel, qui désarmait les gardes du corps et ouvrait les foules. Derrière l’objectif, il y avait d’abord le respect. Respect des gens, respect des biens. « Tout être mérite respect », répétait-il aux jeunes.
Son conseil aux jeunes photographes ? Simple et tranchant : « s’y donner à fond avec amour » .Avec Big Z , il faut viser le métier, la notoriété, la place dans la société. L’argent viendra. Lui avait choisi : « Si ma vie était à refaire, je choisirais le métier de journaliste-photographe. » Le Burkina de la photographie aura secrèté un homme sympa et très taquin , au professionnalisme charmant.
Formateur de la relève, amoureux du foot et du volley, il rêvait d’une seule chose pour son pays : « Que la paix règne au Burkina Faso ».
Aujourd’hui BIG-Z n’est plus. Mais son déclic continue.
Parce que Ben Idriss Zoungrana n’était pas juste un photographe. Il était la photo.
Repose en paix, Kolo Kolo
Alexandre Le Grand Rouamba