Home » Retour sur le passé : les rois qui dorment sous Ouagadougou

𝗟𝗘𝗦 𝗥𝗢𝗜𝗦 𝗤𝗨𝗜 𝗗𝗢𝗥𝗠𝗘𝗡𝗧 𝗦𝗢𝗨𝗦 𝗢𝗨𝗔𝗚𝗔𝗗𝗢𝗨𝗚𝗢𝗨 :

𝐍𝐀𝐀𝐁𝐀 𝐙𝐎𝐌𝐁𝐑É, 𝐂𝐞𝐥𝐮𝐢 𝐪𝐮𝐢 𝐟𝐢𝐭 𝐝𝐞 𝐎𝐮𝐚𝐠𝐚𝐝𝐨𝐮𝐠𝐨𝐮 𝐮𝐧𝐞 𝐯é𝐫𝐢𝐭𝐚𝐛𝐥𝐞 𝐜𝐚𝐩𝐢𝐭𝐚𝐥𝐞 𝐫𝐨𝐲𝐚𝐥𝐞

Lorsque nous traversons aujourd’hui Ouagadougou, nous avons parfois l’impression de marcher dans une ville moderne née au XXᵉ siècle.

C’est oublier que sous ses routes, ses quartiers et ses bâtiments dort une histoire beaucoup plus ancienne.

Au XVIIIᵉ siècle, un souverain va profondément modifier le destin de cette ville : Naaba Zombré, également écrit Zembre dans certaines sources.

Les travaux historiques le situent généralement autour de 1744-1784, même si les chronologies anciennes présentent certaines divergences. L’historien Lassina Simporé souligne notamment que Zombré fit de Waogdgo, l’actuelle Ouagadougou, la capitale permanente du royaume.

𝑪𝒆 𝒄𝒉𝒐𝒊𝒙 𝒏’é𝒕𝒂𝒊𝒕 𝒑𝒂𝒔 𝒂𝒏𝒐𝒅𝒊𝒏.

Avant cette période, les souverains mossi déplaçaient régulièrement leur résidence. Les raisons étaient politiques, militaires et également liées aux rapports entre le souverain vivant et les ancêtres de ses prédécesseurs.

Avec la sédentarisation progressive de la cour, Ouagadougou change de statut.

Elle devient véritablement le cœur politique du royaume.

Et cette transformation va avoir une conséquence majeure : la ville devient également un espace privilégié de la mémoire royale.

𝑨𝒖𝒋𝒐𝒖𝒓𝒅’𝒉𝒖𝒊 𝒆𝒏𝒄𝒐𝒓𝒆, 𝒍𝒂 𝒕𝒐𝒎𝒃𝒆 𝒅𝒆 𝑵𝒂𝒂𝒃𝒂 𝒁𝒐𝒎𝒃𝒓𝒆́ 𝒇𝒊𝒈𝒖𝒓𝒆 𝒑𝒂𝒓𝒎𝒊 𝒍𝒆𝒔 𝒔𝒊𝒕𝒆𝒔 𝒄𝒖𝒍𝒕𝒖𝒓𝒆𝒍𝒔 𝒓𝒆́𝒑𝒆𝒓𝒕𝒐𝒓𝒊𝒆́𝒔 𝒅𝒆 𝑶𝒖𝒂𝒈𝒂𝒅𝒐𝒖𝒈𝒐𝒖 𝒑𝒂𝒓 𝒍𝒆𝒔 𝒅𝒐𝒄𝒖𝒎𝒆𝒏𝒕𝒔 𝒐𝒇𝒇𝒊𝒄𝒊𝒆𝒍𝒔 𝒅𝒆 𝒍𝒂 𝒓𝒆́𝒈𝒊𝒐𝒏 𝒅𝒖 𝑪𝒆𝒏𝒕𝒓𝒆

Mais l’histoire de cet homme est encore plus fascinante.

Naaba Zombré aurait connu un épisode exceptionnel dans l’histoire politique mossi : après environ trente années de règne, il fut destitué et remplacé par son fils.

Il partit alors en exil à Bigtoogo, dans l’actuelle commune de Pabré.

Puis, trois ans plus tard, il retrouva son trône.

Une situation extraordinaire dans une tradition où le souverain était normalement considéré comme chef à vie.

Des recherches archéologiques récentes ont même permis de retrouver des traces matérielles associées à son histoire à Bigtoogo.

Ainsi, lorsque nous parlons de Naaba Zombré, nous ne parlons pas seulement d’un roi mort il y a plusieurs siècles.

Nous parlons de l’un des hommes qui ont contribué à faire de Ouagadougou ce qu’elle allait devenir.

Et quelque part dans la capitale…sa tombe demeure. Silencieuse. Invisible pour la majorité.

Mais toujours là.

🇧🇫 𝑼𝒏𝒆 𝒗𝒊𝒍𝒍𝒆 𝒒𝒖𝒊 𝒐𝒖𝒃𝒍𝒊𝒆 𝒔𝒆𝒔 𝒇𝒐𝒏𝒅𝒂𝒕𝒆𝒖𝒓𝒔 𝒇𝒊𝒏𝒊𝒕 𝒑𝒂𝒓 𝒏𝒆 𝒑𝒍𝒖𝒔 𝒔𝒂𝒗𝒐𝒊𝒓 𝒑𝒐𝒖𝒓𝒒𝒖𝒐𝒊 𝒆𝒍𝒍𝒆 𝒆𝒙𝒊𝒔𝒕𝒆.

Kandia Erixon Sandwidi

 

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