Home » L’observateur Paalga : un hommage mérité à Ousseni Ilboudo

Lumière sur des étoiles
Ousseni Ilboudo, le maître

Août 2008. A peine 3 semaines de stage à L’Observateur Paalga, j’avais le privilège de signer seul un article sur une conférence de presse de l’ANEB en grève à l’époque. Je titre alors sur un jeu de mots fait par les étudiants en paraphrasant Blaise Compaoré : « ANEB : Le gouvernement est entrain de foncer droit dans le mur ». Fatal error. J’ai écrit « entrain » au lieu d’ « en train » et malheureusement ça passe par les mailles du filet du processus de correction et le journal paraît avec. J’avoue, je ne savais pas faire la différence entre les deux à l’époque. Conférence de rédaction, le couperet tombe. Faute grossière. Le chef est fâché. Il me regarde du coin de l’oeil et me tance:  » ça se dit journaliste venant d’une école de journalisme et ça ne parle même pas français? c’est ce qu’on vous a appris comme ça? ». J’accuse le coup, en silence. Toute la petite fierté de « je connais tout » de jeune journaliste tombe à l’eau. J’ai mal au plus profond et je me fais une promesse : plus jamais on ne me prendra à faire une faute de français. Je commence à voir comment les aînés font. Celui dont je suis le plus proche, Adama Ouédraogo Damiss lit trop de livres à mon goût. Dieudonné Zoungrana, la star à mes yeux, encore plus. Moi je ne supporte pas trop les livres. Alors je me rabats sur les médias écrits (Jeune Afrique, Canard enchaîné, Monde diplomatique) je dévore tout. Et je veille sur mes papiers.
Ce fameux chef a sans doute oublier depuis belle lurette cette anecdote, mais c’est la première leçon et la plus belle qu’il m’a donné dans ma carrière. Des milliers s’en sont suivis. C’est dire combien son quotidien est fait de coaching et de formation de journalistes qui se sont hissés à des sommets que je ne saurais listé de façon exhaustive.
Lui, c’est Ousséni Ilboudo, directeur des rédactions de L’Obs.
Ousseni, C’est d’abord une plume. Incontestablement la meilleure que je connaisse et qui a forgé la mienne.
Ousseni, c’est ensuite une école. Son bureau est un antre d’apprentissage et de conseils pour peu que vous preniez la peine d’y faire un tour. Lui même s’applique une telle constante quête d’excellence que vous ne pouvez que lui emboîter le pas. Il est aussi une école d’humilité et de discrétion.
Enfin Ousseni, c’est un Aîné, un vrai. Toujours prêt à soutenir et conseiller ses puinés dans toutes les épreuves et décisions de leur vie. Avec les mots qu’il faut, enveloppés d’humour.

En plus de trente ans d’expérience, bon nombre d’étoiles du journalisme burkinabè lui doivent leur lumière
Ousseni, c’est le Maître ! C’est mon Maître.

Par Hyacinthe Sanou

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