La Championne du monde Noélie
Yarigo a été appelée par le Président Romuald Wadagni
« Allô… Bonjour ! C’est Romuald Wadagni. »
Je crois que je n’oublierai jamais ces premiers mots.
Après ma victoire au 800 mètres, avec ce titre de championne du monde Masters W40, j’étais encore complètement dans ma bulle. Je réalisais à peine ce qui venait de se passer. Et puis mon téléphone a sonné.
J’ai décroché.
— « Allô… Bonjour ! C’est Romuald Wadagni. »
J’ai eu le souffle coupé.
Pendant quelques secondes, je n’ai plus su quoi dire. Je ne me rendais même plus compte de ce qui m’arrivait. J’ai failli m’évanouir.
— « Oui, Monsieur le Président… Bonjour, Monsieur. »
Et il a continué :
— « Je vous appelle pour vous dire toute ma joie de savoir l’exploit que vous venez d’accomplir au nom de notre pays. En mon nom personnel et au nom de notre pays, je voudrais vous féliciter et vous dire toute mon admiration. Vous avez fait honneur au Bénin. »
À cet instant, je ne savais vraiment plus quoi répondre.
Moi… Noélie… au téléphone avec le Président Wadagni, qui m’appelait personnellement pour me féliciter après ma victoire.
J’étais bouleversée.
— « Oui, Monsieur le Président… Merci. Merci pour tout. Je ne m’en reviens pas… Je suis tellement émue. »
Il m’a encore félicitée, avec des mots qui m’ont profondément touchée. Nous avons parlé de cette victoire, du travail, des sacrifices, de cette fierté de voir le drapeau béninois au sommet.
Et lorsque nous avons raccroché…
Je suis restée quelques secondes sans bouger, le téléphone à la main.
Je crois que c’est à ce moment-là que j’ai vraiment réalisé ce qui venait de m’arriver.
J’étais sur les nuages.
Pas seulement parce que je venais de devenir championne du monde.
Mais parce que, de l’autre côté du téléphone, le Président de mon pays venait de me dire, personnellement, combien il était fier de moi.
Cette émotion-là… je la garderai toute ma vie.
Merci, Monsieur le Président. Merci pour ces mots, pour cette attention et pour cette immense marque de reconnaissance.
Aujourd’hui, je suis championne du monde.
Mais surtout, je suis une Béninoise immensément fière.
