Orpaillage clandestins en côte d’ivoire : des milliers de Burkinabè détenus dans des prisons ivoiriennes
Des milliers de Burkinabè seraient aujourd’hui détenus en Côte d’Ivoire pour des affaires liées à l’orpaillage clandestin. Je voudrais donc demander humblement à l’ambassade du Burkina Faso en Côte d’Ivoire de faire tout son possible pour discuter avec les autorités ivoiriennes afin de trouver un terrain d’entente et, lorsque cela est possible, permettre à certains de nos compatriotes de rentrer au Burkina Faso.
Je veux d’abord être clair sur une chose : je n’en veux pas à l’État ivoirien. La Côte d’Ivoire a le droit de protéger son environnement et de faire respecter ses lois. Au Burkina Faso aussi, les autorités luttent contre l’orpaillage clandestin. Chaque pays a le devoir de protéger ses ressources.
Mais je voudrais aussi apporter une petite correction à certains discours. Quand on parle d’orpaillage clandestin en Côte d’Ivoire, on accuse souvent directement les Burkinabè. Pourtant, la réalité est beaucoup plus compliquée.
Dans plusieurs régions de Côte d’Ivoire, notamment dans la Nawa, beaucoup de producteurs de cacao ont connu de grandes difficultés à cause des maladies qui détruisent les plantations. Certains ont perdu une grande partie de leurs champs et de leurs revenus.
Face à cette situation, certaines personnes se sont tournées vers l’orpaillage pour pouvoir survivre.

Et il faut le dire honnêtement : il n’y a pas que les étrangers qui pratiquent l’orpaillage clandestin. Des Ivoiriens le font aussi, parfois simplement pour pouvoir nourrir leurs familles ou payer les études de leurs enfants.
Dans certains cas, des propriétaires ivoiriens donnent même l’autorisation à des Burkinabè de travailler sur leurs terrains, en échange d’une partie de l’argent gagné.
Donc, il faut éviter de faire croire que les Burkinabè sont les seuls responsables. Un Burkinabè ne peut pas simplement arriver en Côte d’Ivoire, choisir un terrain et commencer à creuser sans que personne ne soit au courant. Il y a forcément des personnes qui connaissent la situation ou qui permettent l’accès à ces terrains.
Le problème est donc beaucoup plus profond.
Je voudrais aussi m’adresser à tous les États africains. Quand nous voyons des jeunes risquer leur vie dans les mines clandestines, nous devons nous poser une question : pourquoi ces jeunes choisissent-ils de faire un travail aussi dangereux ?
Personne ne rêve, quand il est enfant, de passer sa vie à creuser la terre dans des conditions difficiles. Mais beaucoup de jeunes n’ont pas d’emploi, pas de moyens et pas suffisamment de possibilités pour construire leur avenir. Le manque d’opportunités et le désespoir poussent certains vers l’orpaillage.
Cela ne veut pas dire qu’il faut accepter l’orpaillage clandestin. Il faut protéger l’environnement et faire respecter la loi. Mais il faut aussi chercher des solutions au chômage, à la pauvreté et au manque d’opportunités.
Je demande donc humblement aux autorités ivoiriennes d’examiner la situation des détenus burkinabè avec humanité et, lorsque la loi le permet, de faciliter leur libération ou leur retour au Burkina Faso.
J’appelle également les autorités burkinabè et notre ambassade à faire davantage de démarches auprès de la Côte d’Ivoire pour trouver une solution.
La Côte d’Ivoire et le Burkina Faso sont des pays frères. Nos peuples vivent ensemble depuis longtemps. Il ne faut pas que ce genre de situation crée de la haine ou des tensions entre Ivoiriens et Burkinabè.
Luttons contre l’orpaillage clandestin, oui. Protégeons l’environnement, oui. Mais n’oublions jamais l’être humain qui se trouve derrière chaque dossier.
Que le dialogue et la fraternité permettent de trouver une solution juste et humaine.
Taco la joie

