𝗞𝗼𝘂𝗺𝗯𝗲𝗺 𝗦𝗶𝗯𝗶𝗿𝗶 𝗔𝗺𝗮𝗱E, 𝗹𝗲 𝗺𝗮ë𝗲𝘂𝘁𝗶𝗰𝗶𝗲𝗻 𝗾𝘂𝗶 𝗳𝗮𝗶𝘁 𝘁𝗿𝗶𝗼𝗺𝗽𝗵𝗲𝗿 𝗹𝗮 𝘃𝗶𝗲 à 𝗠𝗮𝘁𝗶𝗮𝗰𝗼𝗮𝗹𝗶
Il y a des héros qui ne portent ni uniforme ni arme. Ils portent une blouse et choisissent, chaque jour, de rester là où la Nation a besoin d’eux.
À plus de cent kilomètres des villages les plus reculés de la région du Goulmou, dans une commune longtemps éprouvée par l’insécurité, Koumbem Sibiri Amadé veille sur les femmes enceintes de Matiacoali depuis février 2020. Maïeuticien d’État et responsable de la maternité du Centre médical avec antenne chirurgicale (CMA) de Matiacoali, il fait partie de ces agents de santé qui ont décidé de servir, malgré les difficultés.
Originaire de Seguedin , dans la commune de Nanoro, il quitte son village en 2008 pour poursuivre ses études à Bobo-Dioulasso. En 2016, admis à quatre concours directs de la Fonction publique, il choisit la santé, convaincu que sa vocation est d’aider à donner la vie. Trois années de formation plus tard, il est affecté à Matiacoali, où il prend service en février 2020.
À son arrivée, le contexte est particulièrement difficile. Plusieurs centres de santé des environs sont fermés et les femmes enceintes affluent de toute la commune, mais aussi de Kantchari, de Diapaga et de villages parfois situés à plus de cent kilomètres. Chaque semaine, son équipe reçoit en moyenne une vingtaine de grossesses pathologiques : anémies sévères, paludisme, prééclampsie, hypertension artérielle, menaces d’accouchement prématuré… Pendant longtemps, la seule solution consistait à évacuer les patientes vers Fada N’Gourma, au prix de longs trajets, souvent risqués.
« Cela nous affectait énormément. Nous savions que chaque minute comptait », confie-t-il.
Le 22 juin 2026 marque un tournant historique. Grâce à la mise en service du bloc opératoire de Matiacoali, les premières césariennes peuvent enfin être réalisées sur place. En un peu plus de deux semaines, 17 césariennes sont pratiquées avec succès.
Pour le jeune maïeuticien, cette infrastructure change tout.
« Imaginons que ces 17 femmes aient dû être évacuées à Fada dans les conditions que nous connaissons… Ce bloc opératoire est un immense soulagement pour toute la commune et ses environs. »
Mais derrière le professionnel se cache aussi un homme qui consent de lourds sacrifices.
Depuis plusieurs mois, Koumbem Sibiri Amadé n’a pas revu son épouse ni sa famille, restées à Bobo-Dioulasso. Pendant qu’il poursuit sa mission auprès des populations, son épouse assume seule les responsabilités du foyer.
« Elle joue souvent le rôle de père pendant mes longues absences. C’est grâce à son soutien que je peux continuer à servir ici. »
Malgré l’éloignement, la charge de travail et les conditions de vie difficiles, il ne songe pas à abandonner. « Sauver une vie est le plus grand bonheur pour un agent de santé. Pour un maïeuticien, c’est une immense fierté. »
Reconnaissant envers ses collègues, ses responsables, les partenaires techniques et les populations de Matiacoali, il considère que chaque naissance réussie est une victoire collective.
À travers le parcours de Koumbem Sibiri Amadé, c’est l’engagement silencieux de centaines d’agents de santé qui exercent dans les zones les plus difficiles du Burkina Faso que le ministère de la Santé souhaite mettre en lumière. Des femmes et des hommes qui, loin des projecteurs, continuent chaque jour d’écrire l’une des plus belles pages du service public : celle du dévouement au service de la vie.
DCRP / MS
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