Récit d’un procès : Après avoir tué son propre frère, il supplie la Cour d’alléger sa peine
Le Mardi 14 juillet 2026, la cour d’appel de Bobo-Dioulasso recevait Karim et Dramane (noms d’emprunts), tous deux précédemment condamnés en première instance pour avoir prémédités et assassinés le frère de Karim. Ils ont supplié la Cour en prenant dieu et leur mère à témoin qu’on ne les y reprendrait plus.
Le premier à avoir pris la parole était Karim, le frère de la victime. Il a soutenu devant la barre qu’entre lui et son frère il n’y avait aucun grief et que sa mort était un regrettable accident.
Il a déclaré que tous deux, ils travaillaient ensemble dans leur bijouterie et qu’un jour, un bracelet en argent a disparu. Son frère l’a alors suspecté.
Depuis cet incident, l’ambiance entre eux était devenue électrique et il aurait alors pris ses distances. « J’ai commencé à aller sur les sites d’or et quand je revenais je lui donnais un coup de main dans sa boutique », a déclaré Karim.
Toujours selon ses dires, ne supportant plus la dispute qu’il y avait entre lui et son frère, il a alors décidé d’aller demander pardon en tant que petit frère accompagné de son amie Dramane.
Entendue à son tour Dramane a soutenu que : « nous sommes allés deux fois chez son frère à la maison il n’était pas là. La deuxième fois nous l’avons croisée en route et nous nous sommes arrêtés pour parler », a-t-il dit.
Poursuivant, il a dit que la victime lui aurait alors rouillé de coups et que fou de rage à son tour, il a saisi un morceau de bois et lui a donné un coup. Ce coup entraînera sa mort un peu plus tard à l’hôpital.
Le président de la cour d’appel a cherché à savoir la cause réelle de leurs disputes et face au mutisme de Karim, il a fait sortir les archives liées au dossier. On y apprend alors que Karim, suite aux dires des marabouts, reprochait à son frère de vouloir nuire à sa vie.
De plus, ayant travaillé avec son frère, il connaissait son programme, il savait donc quand le trouver à la maison.
Le jour des faits Karim aurait demandé par sms avec insistance le programme de son frère. « Vous avez demandé à votre petit frère à quel moment le grand frère quitterait la boutique pour rentrer et quelle route il prendrait » ont révélé les juges.
Pour le Procureur général, ils avaient prévu depuis un moment déjà de le tuer et que c’est la raison pour laquelle ils sont partis l’attendre non pas à la maison mais sur la route à l’abri des regards.
Les deux compères se sont confondus en supplications pour l’allégement de leurs peines de prison à vie écopée en première instance. Pour le procureur, au regard de la loi, cela ne change rien, une vie perdue est perdue et toutes les circonstances ayant menées à ce drame ne peuvent que l’aggraver. De ce fait, il a requis le maintien des décisions prises par le tribunal en premier ressort.
Après délibéré, la Cour a décidé du maintien de la prison à vie.
Wangola Media

