Niger : Soubdou : l’imam qui voulait faire des recrues… et qui a récolté une arrestation.

À Soubdou, un imam a appris à ses dépens que certains sermons ne passent pas, surtout quand ils sentent le soufre et la poudre. Ses fidèles, visiblement peu convaincus par son appel au « grand départ » vers les groupes armés, ont préféré lui offrir un aller simple pour la caserne la plus proche.
Tout commençait pourtant comme une prière ordinaire. L’imam, la barbe bien taillée et la voix posée, débitait ses invocations habituelles. Jusqu’à ce qu’il bifurque vers un sujet plus… épineux.
« Mes frères, le combat véritable vous attend. Laissez vos champs, vos femmes, vos bidons d’eau, et partez grossir les rangs de ceux qui feront trembler l’ennemi » , lançait-il, les bras en l’air, visiblement en pleine inspiration divine.
Mais dans l’assistance, les regards se sont croisés. Un sourire en coin par-ci, un haussement de sourcil par-là. Personne n’avait envie de troquer sa marmite contre un fusil. Quand l’imam a évoqué la « récompense éternelle » , un vieux du premier rang a rétorqué tout haut : « Et la récompense terrestre, elle est où ? Parce que moi, j’ai des chèvres à nourrir. »
C’est à cet instant que le bas a complètement blessé. Les fidèles, excédés par ce discours qui sentait le roussi, ont décidé de passer à l’acte. Pas de lynchage, non. Ils ont fait preuve d’une efficacité redoutable : en moins de deux minutes, l’imam s’est retrouvé les mains liées avec un turban, entouré d’une foule qui n’avait pas du tout l’air de rigoler.
« Il nous prenait pour des pigeons ? » , s’indigne un habitant, encore sous le choc. « Lui, il reste au frais sous sa coupole, pendant que nos enfants iraient se faire trouer la peau dans le bush ? Non merci, on a déjà assez de problèmes avec les criquets. »
Ambiance bon enfant, mais résolution ferme : direction le poste des forces armées nigériennes. L’imam, lui, a tenté une ultime prière : celle d’être libéré. Cette fois-ci, elle n’a pas été exaucée.
Les militaires, habitués aux rapports alarmistes, ont dû frotter leurs yeux quand ils ont vu débarquer une cinquantaine de civils encadrant un homme à la mine déconfite, avec son boubou encore tout froissé. « On vous amène un colis suspect » , aurait lancé un jeune avec malice. « Il prône le djihad, mais il n’a même pas de chaussures de marche. »
Les autorités, hilares mais professionnelles, ont pris livraison du « paquet » . L’imam est désormais en garde à vue, où il médite probablement sur la différence entre « prêcher » et « dérailler » .
L’AES applaudit, et en redemande
L’Alliance des États du Sahel (AES) a salué cette initiative citoyenne avec un enthousiasme non dissimulé. Dans un communiqué tonitruant, les dirigeants ont félicité « le sens de l’humour et du devoir » des populations de Soubdou.
« Chers citoyens, si votre imam, votre marabout ou votre cousin commet une prêche douteuse, n’hésitez pas : livrez-le aux forces de l’ordre. Nous vous offrons même un bon d’achat symbolique pour un nouveau tapis de prière ! »
Cette affaire prouve une fois de plus que les Nigériens ne se laissent pas endormir par des discours fumeux. À Soubdou, on a tranché : les terroristes peuvent chercher des recrues ailleurs. Ici, on préfère cultiver son mil, élever ses bêtes et, accessoirement, garder ses imams dans le droit chemin.
Quant à l’imam, il pourrait bien écrire un livre depuis sa cellule : « Comment perdre son audience en deux prêches » . Ça aurait au moins le mérite d’être utile.
Reveil-info
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