11 juillet 2026
Home » Coupures d’électricité en France : pendant que Paris cherche une prise, Ouagadougou trace une autoroute (Jonas Hien):

MANIPULATION CONTRE LE BURKINA FASO

Pendant que Paris cherche une prise électrique, Ouagadougou trace une autoroute

La France n’a pas d’électricité. Le courant est coupé. Il fait chaud. Il fait noir. Les nourritures se gâtent. Il n’y a même pas à manger pour certains. Ils n’arrivent pas à regarder la télévision. Ils démarrent les voitures pour recharger les téléphones. Ils allument les bougies comme à Kankalaba. Ça ne va pas du tout en France. C’est la débandade. Emmanuel Macron n’arrive pas à résoudre les problèmes des Français. C’est la merde ! Tout ça parce que le Niger a refusé son uranium à la France. Emmanuel Macron ne s’en soucie pas. Il s’occupe des problèmes au Mali, au Burkina Faso, au Niger. Il alimente le mensonge, la désinformation, la manipulation. Avec la rupture des relations diplomatiques, il faut s’attendre à plus de manigances, de tentatives de déstabilisation, de manipulation, comme toujours. L’impérialisme ne change jamais sa façon d’agir !

Pendant ce temps, le Burkina Faso mène la guerre contre le terrorisme, récupère chaque jours les territoires occupés des mains des terroristes, par de valeureux soldats et VDP et mène le développement, à la satisfaction des Burkinabè, sur fonds propres, sans endetter le pays. Pendant des décennies, la France s’est présentée volontiers comme le professeur de la démocratie, le gardien des droits de l’homme, le conseiller permanent des États africains. À chaque crise au Burkina Faso, au Mali, au Niger, en Afrique francophone, Paris avait toujours une analyse à faire, une recommandation à formuler, une condamnation prête à être diffusée, une imposition à dicter.

Mais voilà que, cette fois, les regards se tournent vers l’Hexagone. Des images circulent, montrant des foyers privés d’électricité, des rues plongées dans l’obscurité, des habitants cherchant des solutions de fortune pour maintenir leurs téléphones en vie, des commerces confrontés aux conséquences de coupures de courant. Cette situation rappelle une évidence souvent oubliée : aucune nation, aussi développée soit-elle, n’est à l’abri des difficultés.

Ironie de l’histoire : ceux qui décrivaient régulièrement l’Afrique comme le continent des délestages découvrent aujourd’hui que l’obscurité ne demande pas de visa. Les réseaux sociaux ne se sont évidemment pas fait prier. Les internautes rivalisent d’humour. Les uns proposent d’envoyer des lampes-tempête à Paris. D’autres suggèrent des formations accélérées sur la gestion des coupures d’électricité. Certains vont jusqu’à conseiller aux Français de démarrer leurs voitures pour recharger leurs téléphones, pendant que d’autres évoquent, avec amusement, le retour des bougies, comme dans bien des villages africains où les populations ont longtemps appris à vivre sans électricité.

L’humour est parfois cruel, mais il a cette capacité de rappeler que personne n’est définitivement à l’abri des difficultés qu’il reprochait hier aux autres. Naturellement, la vérité est tombée. La déchéance de la France montre bien que ce pays n’est rien, ne vaut rien et ne sera rien sans l’Afrique. Elle n’est pas le seul pays à avoir colonisé d’autres pays. Mais les autres, une fois la colonisation terminée, se sont développés à partir de leurs efforts. Depuis les années 1 800 la France est restée coller à l’Afrique, comme un paresseux, qui cherche les facilités. Et elle a évolué dans la facilité : vols, pillages, prédation, en Afrique. Elle avait tout cadeau. Elle tuait tout dirigeant qui dit le contraire. Un exemple ? Thomas Sankara. Aujourd’hui, elle a perdu la tête. Une question mérite d’être posée.
Pourquoi consacrer autant d’énergie politique, diplomatique et médiatique à commenter les choix souverains du Burkina Faso, du Mali et du Niger ? Chaque peuple attend de ses gouvernants qu’ils répondent aux défis quotidiens : sécurité, coût de la vie, énergie, emploi, pouvoir d’achat, cohésion sociale, etc. Ce principe vaut pour tous les États, qu’ils soient européens ou africains. Pendant que certains plateaux de télévision, en Europe, et leurs relais en Afrique, continuent de disserter sur le Sahel, le Burkina Faso poursuit sa route, selon les orientations des autorités, sa stratégie fondée sur la reconquête du territoire, le renforcement des capacités nationales et la recherche d’une plus grande souveraineté politique, économique et sécuritaire. La trajectoire est clairement assumée par les Burkinabè.

Le Burkina Faso ne demande pas à la France de gérer ses affaires. Il souhaite simplement qu’on lui reconnaisse le même droit que toute nation : celui de définir librement son avenir, ses partenaires et ses priorités. La véritable souveraineté commence précisément là où s’arrête la tentation de vouloir administrer les choix des autres. Et si l’on devait rappeler une leçon universelle, ce serait peut-être celle-ci : avant d’éclairer le monde entier, il est souvent préférable de vérifier que la lumière fonctionne déjà chez soi.

Lorsque tout va bien à Paris, on explique à l’Afrique comment gouverner. Lorsque les difficultés apparaissent à Paris, on continue malgré tout à expliquer à l’Afrique comment gouverner. Le logiciel semble ne jamais connaître de mise à jour.

Le Mali, le Burkina Faso, le Niger, ont décidé : le centre de gravité des décisions se déplace de l’extérieur vers l’intérieur. La souveraineté n’est pas un slogan. Elle est le droit de faire ses propres choix, d’assumer ses choix, d’avancer selon ses propres intérêts. Le Burkina Faso a fait ce choix assumé. L’Histoire possède un humour redoutable. Elle rappelle régulièrement aux puissants que les leçons voyagent beaucoup mieux lorsque la lumière est allumée. Or, tes phares vacillent, Monsieur Macron !

Jonas Hien

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