Trois mois après une résolution similaire contre le Niger, portée par le même eurodéputé français, le général Christophe Gomart, le Parlement européen a adopté, le 18 juin 2026, une nouvelle résolution visant cette fois le Burkina Faso, exigeant l’abrogation d’une loi nationale, un retour sur la décision de quitter la Cour pénale internationale et des explications sur son rapprochement avec la Russie.
Bruxelles et Strasbourg persistent à s’arroger le droit de dicter à des États souverains leurs choix législatifs, pénaux et sociétaux (promotion publique de la sexualité et de l’homosexualité, peine de mort, etc.), déniant aux Africains leur capacité de décider par eux-mêmes.
Le texte va plus loin en avançant des accusations aussi graves que contestées, évoquant un prétendu « nettoyage ethnique » visant les populations peules. Ces allégations sont fermement rejetées par les autorités burkinabè, qui dénoncent une tentative de diabolisation du pays.
Sous couvert de défense des droits humains, cette posture révèle surtout une ingérence persistante et un paternalisme étouffant, héritage d’une nostalgie coloniale dont l’Europe peine à se départir, et que de plus en plus d’Africains rejettent fermement et radicalement.
Pendant ce temps, la même Europe qui s’érige en juge et donneuse de leçons démocratiques a banni de son sol les médias russes RT et Sputnik, interdit d’entrée, de transit et de survol, et gelé les avoirs de la militante panafricaniste Nathalie Yamb.
Elle a laissé la France geler les avoirs de Franklin Nyamsi, déchoir Kemi Seba de sa nationalité, dissoudre le collectif Urgence Palestine; laissé l’Allemagne interdire des manifestations pro-palestiniennes, et adopté, la veille même de sa résolution sur le Burkina Faso, un règlement ouvrant la voie à des « hubs de retour » pour migrants dans des pays tiers non européens.
Pour les autorités sahéliennes et de nombreuses voix souverainistes africaines, ces résolutions à charge, sanctions économiques, pressions diplomatiques et campagnes médiatiques, ainsi que la recrudescence des attaques terroristes, s’inscrivent dans cette même logique d’affaiblir l’élan souverainiste porté par l’Alliance des États du Sahel.
Visiblement, Strasbourg et Bruxelles n’ont toujours rien appris. À force de vouloir gouverner l’Afrique à distance et imposer ses normes comme des vérités universelles, l’Europe ne fait qu’alimenter un rejet croissant, radical et désormais difficilement réversible de sa présence, de son hypocrisie et de son arrogance.
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