11 juillet 2026
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Qui a construit les ruines de Loropeni
Source : Antoine

Millogo, pp. 30–37, in Images d’Afrique et Sciences Sociales, Les pays lobi , birifor et dagara

Éditions KARTHALA et ORSTOM, 1993

Dans le Sud-Ouest du Burkina Faso, le pays lobi abrite des constructions en pierre dont le site archétype se trouve à Loropeni. Signalées dès la fin du XIXe siècle lors des campagnes militaires coloniales, ces ruines furent rapidement attribuées par l’administrateur ethnologue Henri Labouret aux Koulango, population du nord-est ivoirien. Cette attribution fut répétée sans vérification pendant plus de soixante ans.

C’est le géographe Georges Savonnet qui, en 1986, ouvre la première brèche. En dressant un inventaire partiel des ruines et en identifiant cinq morpho-types architecturaux distincts, il remet sérieusement en cause l’attribution aux Koulango, sans toutefois disposer encore des preuves matérielles suffisantes pour trancher.

L’archéologue burkinabè Antoine Millogo apporte ces preuves par le terrain. Ses prospections à Kwekwera, Ironou, Bamako et Gueguere révèlent 54 pièces lithiques néolithiques taillées et polies, attestant d’un peuplement antérieur aux bâtisseurs de pierre. Dans les joints des constructions elles-mêmes, il identifie des scories de fer antérieures aux murs : les bâtisseurs étaient des métallurgistes, liés à l’exploitation de l’or dans une région qui occupait le centre d’un axe aurifère reliant le Ghana, la Côte d’Ivoire et Poura.

L’origine noire et autochtone des bâtisseurs, écrit Millogo, est certaine. Savonnet avait douté, Millogo a prouvé. Ensemble, ils ont rendu à ce territoire la paternité de son propre patrimoine. Pendant plus d’un demi-siècle, ce génie local avait été attribué à d’autres.

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