4 février 2026
Home » TANZANIE ( DAR ES SALM ET ZANZIBAR) : DES CHIFFRES ET DES IDÉES
En séjour en Tanzanie dans le cadre professionnel, j’ai eu le plaisir d’échanger avec le ministre en charge des investissements et des affaires économiques Monsieur Shariff A.Shariff. sur les opportunités qu’offre la Tanzanie en terme de relations commerciales sud-sud pour une intégration économique réussie de l’Afrique.
Mes nombreuse rencontres m’ont permis de toucher du doigt des réalités et de comprendre davantage certains pans de l’histoire de ce pays mais aussi l’environnement économique de cette partie de l’Afrique. Je retiens que l’une des clefs du progrès de ce pays réside dans sa stabilité, la paix et la bravoure de sa population, dans ses bonnes relations avec ses pays voisins et la vivacité de sa culture et de l’Etat de droit démocratique. Et tout a commencé par la gestion et la sortie du pouvoir de son premier président, Julius NYERERÉ . Il fut premier ministre puis président du Tanganyika de 1961 à 1964, et président de la république unie de Tanzanie du 29 octobre 1964 au 5 novembre 1985. Il a instauré la culture de l’alternance démocratique au pouvoir en s’en allant après ses mandats présidentiels à la tête du pays. Ce sillon tracé est aujourd’hui une des richesses de la Tanzanie et une des bases de la stabilité du pays .
Julius Nyerere est omniprésent en Tanzanie. Sa photo est omniprésente dans les bureaux aux côtés de celle du président en exercice. Il est « immortel » pour ce qu’il a fait pour son pays. Il est le père de l’expérience Ujamaa, une expérience unique en Afrique basée sur le familialisme, la dignité et l’égalité. Il a revendiqué l’unité africaine : « Sans unité, les peuples d’Afrique n’ont pas de futur, sauf comme perpétuelles et faibles victimes de l’impérialisme et de l’exploitation ». Dans un article de Marie Aude Foueré l’on peut lire ceci : « Les termes de liberté, de justice, d’unité et d’égalité abondent ( quand on parle de Julius Nyeré). Ils sont les termes mêmes employés par l’ancien président dans ses écrits politiques. Liberté et justice tout d’abord face à l’oppresseur colonial britannique, mais aussi face aux inégalités économiques, sociales, ou raciales d’une société en construction. On apprend que NYERERÉ le libérateur s’opposa à l’oppression que faisait subir le colonisateur aux pays colonises, dénonçant non seulement une domination coloniale inique sur le plan économique et politique mais refusant de manière véhémente l’aliénation culturelle de l’Africain privé de ses traditions et de ses valeurs. La liberté renvoie aussi aux efforts entrepris par NYERERÉ pour que la Tanzanie soit une nation indépendante sur le plan économique et politique. Le développement agricole, la création d’entreprises nationales de biens et de services ou l’amélioration du système scolaire sont les exemples récurrents évoqués par les journalistes lorsqu’ils en arrivent à la question de la fameuse injonction nyérériste de kujitegemea, « compter sur ses propres forces ». Inspirant n’est-ce pas ? N’est-ce pas là des éléments du développement endogène ? Il faut y croire !
UN PAYS AUX POTENTIALITÉS ET CHIFFRES INTERESSANTS
La population actuelle du Tanzanie avec sa cinquantaine d’îles ( Zanzibar étant la plus connue) est d’environ 70 millions d’habitants. La Tanzanie possède « de vastes ressources naturelles, avec d’importantes réserves d’or, de diamant, de fer, de charbon, de nickel, de tanzanite, d’uranium, d’étain, de phosphates, de pierres précieuses et de gaz naturel » peut-on lire sur le net. Et c’est aussi le cas pour beaucoup de pays africains.
L’analyse de ces chiffres nous indique que nos pays africains doivent renforcer les coopérations sud-sud qui participent à une vraie intégration économique africaine et nous offrent plus de possibilités de nous developper de manière endogène.
Par exemple , la diversification des partenaires de notre pays devrait aussi se faire davantage avec les pays africains comme la Tanzanie où ne réside qu’environ une quarantaine de Burkinabè. Diversification des destinations, pourquoi pas ! Vivement davantage de changement de paradigmes.
Voyageons et lisons tant que cela nous ai possible car cela nous enrichi sur le plan cognitif et nous éloigne de nos certitudes, de nos emprisonnements intellectuels et de nos bulles.
Dr Harouna Kaboré

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