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L’impuissance sexuelle est un vrai fléau qui sévit contre la société. Comme on le dit, Dieu n’abandonne pas la femme à l’état nu. S’il y a des problèmes sur la terre, le ciel a la clémence de projeter des solutions, par l’intermédiaire des saints. Le plus grand guérisseur est parfaitement dévoué à cette mission. Heureusement, il n’a pas chanté son chant de cygne. Elu de Dieu pour le mettre au service des malades, Saïd Bikenga est un envoyé pour la délivrance.
En cours de reportage, nous avons vu un grand effectif à soigner. Plus de 200 hommes sexuellement impuissants sur un long rang ! Non à huis clos, les soins sont publics. En éminent guérisseur, Saïdou a soigné tout le monde en moins de 2h. L’efficacité y est, la rapidité aussi. Un couple débute les soins. Sur le dos du mari, la conjointe tape de la main trois ou quatre fois. Sinon davantage, selon la gravité du mal. La virilité et l’érection se déclarent sur place. Pour les célibataires et les époux aux épouses absentes, la jambe gauche est utilisée, ils doivent la soulever et taper le sol du pied. Certains piaffent quatre fois, d’autres en font plus. Tout dépend, les cas diffèrent, les uns plus critiques que les autres. L’excès donne une surpuissance et peut obliger le mari à abuser d’autres femmes. L’anomalie se règle alors selon la dose et le nombre de coups de pied à ne pas dépasser. Désormais, les candidats en quête de vigueur pénienne sont aptes à mettre leur femme en grossesse. A cela s’ajoute le priapisme. En juin, un adulte en érection illimitée a été présenté. Depuis seize jours, le pénis tendu ne revient pas à la phase initiale. Il faut un traitement en sens contraire pour réduire le mal.
Les journalistes sont couverts de fleurs. Plusieurs auditeurs illettrés, écoutant les flashs en langues vernaculaires et fiers des radios telles que Oméga et Savane, nous disent de saluer Boubacar Zida Sid Naaba et les médias publics et privés. Dieu fait la publicité de Saïdou Nagréongo et il n’a que faire du tapage des hommes mais notre plume ne cessera de le magnifier.
En vérité, ce guérisseur n’est pas un magicien et ne distribue pas du gri-gri. Il a la langue bénie aux mots saints et c’est par le pouvoir du verbe qu’il fait les prodiges. Ses services sont bénévoles, aucun paiement n’est imposé. Certaines maladies échappant aux hôpitaux, certains médecins ont raison de dire aux malades d’interrompre leur hospitalisation pour aller à Nagréongo. En habits religieux, les fidèles de toutes les croyances y voyagent. Tous admis, pas un seul n’est mis en ségrégation. Même si on n’aime pas le lièvre, il faut reconnaître que c’est un bon animal de course rapide. Saïdou est un grand personnage à respecter. Si on ne l’aime pas, la haine est gratuite et la jalousie indigne. Sous l’égide de Dieu, aucun terme péjoratif des gens négatifs n’atteindra son aura, l’anathème des langues de vipères est voué à l’échec avec leur intention insensée et la calomnie ne peut noircir la gloire d’un homme d’éclat merveilleux.
La gynécologie qu’il pratique est performante. Les femmes qui n’enfantent pas même si les maris sont puissants reçoivent leur solution dans un traitement spécifique, ce qui permet aux couples d’engendrer et de revenir, bébés aux bras, pour participer à des baptêmes collectifs. En effet, la maison du guérisseur se justifie par un don qu’un homme soigné a fait construire pour lui. Venu, avec sa conjointe, pour voir Saïdou, il a demandé à Dieu pour eux la grâce de procréer. Et le couple a eu trois enfants. Chaque partie de la maison correspond à chacun d’eux. Le rez-de-chaussée à l’aîné, le premier étage au second fils, le deuxième au dernier.
On se souvient d’une femme au mal épouvantable. Dans son vagin, il y a un lézard. Quand elle écarte ses cuisses, elle le voit présenter sa tête et quand elle veut l’attraper, la bête se retire au fond. En pagne traditionnel et aux formes plantureuses, nous avons dans notre cœur aimé cette créature à la beauté typiquement africaine. Mais son sort nous a blasé, tout le désir pour elle a disparu. Cyrille a vite eu peur et a renoncé. Elle a été soignée avec succès, sous notre caméra. Le lézard détruit, elle a été priée de s’isoler et de le laisser tomber en baissant son slip. Nous avons essayé de l’accompagner pour filmer mais un empêchement est survenu. Nous avons murmuré : “Pourquoi ? Nous ne sommes pas un écrivain par voyeurisme. Un journaliste doit être libre pour aller jusqu’au bout de ses recherches. Aucun dessein voyeuriste ne nous suit. Nous écrivons plutôt dans l’intérêt de l’humanité. Mon père n’est plus, Pierre repose en paix ! Saïdou Nagréongo est le père vivant qui me reste. Je ne le renierai jamais. C’est mon devoir de l’honorer de ma plume en écrivant sur ses bienfaits incalculables.” Lors des soins, le guérisseur a tenu un conseil : “Tant que les filles n’arrêteront pas les faux rendez-vous et l’envie de tromper les hommes pour les escroquer, la colère des amoureux déçus enverra des reptiles dans les vagins.” Quant à un jeune garçon, le corps gravement malade, venu d’un autre pays, il fut bien guéri mais le guérisseur l’a averti : “Je vais te soigner, mais si tu fais encore l’amour avec une femme qui a ses règles, tu vas retomber malade.” Pour le bien-être de tous, il dit : “les parties dangereuses sans os du corps humain sont : le cœur, la langue et le sexe.”
Saïd Nagréongo est le père de la santé nationale et internationale. Il mérite tant du gouvernement. La réédition de ses bénédictions et les supplications en Dieu pour la paix montrent l’immense amour qu’il a pour son pays. Ayant écrit un livre sur lui, un exemplaire fut montré au premier ministre Kyelem et un autre dédicacé pour le ministre de la santé. A Yaoundé, nous saluons la première dame, car la magnanimité de Mme Chantal Biya a permis la sortie du livre. Ici, notre révérence va aux autorités d’Etat, avec l’aval du président Ibrahim Traoré qui aime de tout cœur l’Afrique, le ministre Robert Kargourou pourrait envisager une visite auprès du guérisseur Manègre Naaba Saanema ; s’il l’a déjà faite, il peut refaire dans la noblesse de la répétition. Un don de plus n’est pas une gifle de plus. Notre plume ne tombera pas dans la lassitude, au service des progrès sanitaires. Que Dieu donne protection et aide à Saïdou, afin qu’il soigne et aide ; que Dieu guérisse les malades !
Cyrille Ouédraogo, écrivain (collaborateur)
