1 juillet 2026
Home » Carrière musicale : A’Salfo de Magic System partage son expérience

Présent au SIMA 2025 au Bénin , A’SALFO a partagé une histoire tirée des premiers pas de Magic System. L’objectif : encourager les acteurs présents à prendre conscience de leur propre valeur, condition indispensable à toute ambition :

« Il y avait quelqu’un qui voulait signer avec Magic System. Il appelle Angelo Kabila, qui était notre manager à l’époque, et celui-ci lui donne le nom d’un restaurant à Treichville pour qu’ils se retrouvent là-bas.

Le promoteur arrive. Le coca qui coûte 300 FCFA dehors coûtait 4 000 FCFA dans le restaurant. Il boit donc son coca lentement, comme le thé des Mauritaniens, pour ne pas que ça finisse trop vite. Kabila met du temps à arriver, et quand le coca du gars est fini, Kabila lui dit qu’il arrive et qu’il peut en prendre un autre, mais le gars refuse et préfère attendre comme ça.

Déjà, le promoteur se pose la question : si Kabila reçoit des gens dans des endroits où le coca est vendu 4 000 FCFA, c’est que ce qu’il est venu proposer risque de ne pas fonctionner.

Kabila arrive et gare une Mercedes. À l’époque, je tournais à Marcory. J’appelle Kabila pour lui demander où il était, car on se voyait tout le temps. Il me dit que ça tombe bien, m’indique l’endroit où il se trouve et me demande de le retrouver là-bas.

À l’époque, en tant qu’artiste, on achète une nouvelle voiture, on fait un peu le tour de la ville. J’avais une BMW 320, donc j’arrive et je gare ma BMW.

Quand tu es dans le restaurant, tu vois l’extérieur. Le promoteur me voit donc, moi l’artiste, en train de me garer à côté de la Mercedes de mon manager et de descendre pour venir. Cela fait une deuxième intimidation.

J’arrive, Kabila me présente le promoteur et me dit qu’il est venu pour nous demander d’aller jouer à Korhogo, c’est-à-dire à l’intérieur du pays.

Le promoteur, quand il venait, il voulait discuter parce que Magic System, c’était le top. Il avait en tête de proposer 500 000 FCFA maximum, et oui, parce qu’à l’époque, les meilleurs cachets étaient à 100 000 et 150 000 FCFA.

Donc 500 000 FCFA, c’était beaucoup. Faisons le rapprochement : certes, aujourd’hui l’argent est facile, mais à l’époque, nous tournions pour 80 000 FCFA. D’ailleurs, le premier cachet de Magic System était de 50 000 FCFA, et nous avons pris chacun 10 000 FCFA à la fin.

Je peux vous dire aujourd’hui que les choses ont changé, parce que 50 000 FCFA, c’est ce que nous donnons à notre portier pour aller récupérer notre voiture au parking, mais à l’époque, c’est ce qu’on donnait à tout le groupe.

Kabila propose maintenant qu’on écoute le promoteur, mais il dit que ça va. Kabila lui répond qu’il nous a appelés pour signer un contrat, et maintenant que nous sommes là, il dit que ça va, qu’il ne veut plus signer.

Le promoteur insiste, qu’il sait de quoi il parle et pourquoi il dit que ça va : il avait peur de nous annoncer qu’il a 500 000 FCFA. Quand il nous a vus arriver avec nos voitures, et qu’il imagine le carburant pour aller là où il veut et revenir, il réalise que cela dépasse ce qu’il est venu proposer. Alors il dit que ça va.

Mais il explique qu’il était venu nous voir, mais qu’il réalise que ce n’est pas nous qu’il devrait choisir, et qu’il serait intéressé si nous avons d’autres artistes à lui proposer.

Kabila lui dit de donner son prix quand même. Et c’est sa manière de s’énerver qui nous a fait éclater de rire. Le gars dit : « Mais je dis ça va, est-ce que c’est forcer ? » Alors on éclate de rire, on se détend, et il nous dit qu’il est venu avec 500 000 FCFA, mais qu’avec les véhicules qu’on a garés dehors, plus les deux coca cola à 8 000 FCFA, ce n’était pas évident.

À un moment donné, Kabila et moi on se regarde. Lui, il me comprend dès le premier regard. Je lui dis d’accepter, car c’était l’intérieur du pays et qu’il ne faut pas toujours y aller seulement pour l’argent, mais aussi pour les fans.

Kabila lui dit qu’on va venir, mais qu’au-delà des 500 000 FCFA, il paie au moins le carburant. Le gars répond : « C’est pourquoi je vous ai dit de laisser là. »

Il voyait une Mercedes et une BMW, sachant qu’on devait faire plus de 500 kilomètres pour aller à Korhogo. Il dit que c’est pour cela qu’il nous a dit de laisser tomber, parce que ça allait multiplier par deux ce qu’il avait à nous proposer.

Finalement, nous sommes allés jouer. Étant un bon négociateur, il a fait un prix global de 700 000 FCFA, avec carburant tout compris.

Mais par là, je veux dire que c’est la contenance que tu te donnes… On dit que c’est de la manière dont tu te vends qu’on t’achète. »

Reveil-info

SIDICK SANA / AffairageCi

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