26 juin 2026
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Quand l’IA s’invite aux examens : 24 candidats jugés à Bobo-Dioulasso

Le silence qui régnait dans la salle d’audience du tribunal correctionnel de Bobo-Dioulasso contrastait avec l’agitation qui a marqué les centres d’examen quelques semaines plus tôt. Face au juge, 24 candidats, dont deux filles, ont comparu le vendredi 19 juin 2026 pour répondre de faits présumés de fraude aux examens du Brevet d’études du premier cycle (BEPC) et du Brevet d’études professionnelles (BEP), session 2026.

Selon le parquet, les faits remontent aux 2 et 3 juin 2026, pendant le déroulement des épreuves écrites. Les prévenus auraient mis à profit les nouvelles technologies pour tenter d’obtenir de meilleures notes.

À la barre, les débats ont permis de retracer leur mode opératoire. Certains candidats photographiaient discrètement les sujets dans les salles de composition avant de les introduire dans des applications d’intelligence artificielle telles que ChatGPT, Gemini ou Grok afin de générer des réponses. D’autres transmettaient les clichés à des complices restés à l’extérieur des centres, lesquels se chargeaient de traiter les sujets avec ces outils avant de renvoyer les réponses aux candidats qui les recopiaient sur leurs copies.

L’enquête a également révélé que plusieurs prévenus avaient réussi à introduire des téléphones portables dans les salles de composition, en violation du règlement des examens qui interdit tout appareil de communication pendant les épreuves.

Les poursuites concernent des fraudes portant sur plusieurs disciplines, notamment le Français, les Sciences de la vie et de la Terre (SVT), les Mathématiques, l’Histoire-Géographie ainsi que la Physique-Chimie.

Devant le tribunal, les versions ont divergé. Certains prévenus ont reconnu les faits qui leur sont reprochés tandis que d’autres ont contesté toute implication. Il est également ressorti des débats que certains candidats ont été interpellés dès le premier tour de l’examen, alors que d’autres l’ont été au second tour.

Dans ses réquisitions, le ministère public a demandé au tribunal de requalifier les faits pour certains prévenus en tentative de fraude et pour d’autres en complicité de fraude, estimant que leur degré d’implication différait selon les éléments du dossier.

Le parquet a rappelé les dispositions de l’article 376-1 du Code pénal, qui prévoit qu’est puni d’une peine d’emprisonnement de six mois à trois ans et d’une amende de 500 000 à 3 000 000 de francs CFA quiconque, par tout moyen et sous quelque forme que ce soit, commet une fraude dans ou à l’occasion d’un examen ou d’un concours public ayant pour objet l’entrée dans une administration publique ou l’obtention d’un diplôme officiel.

Toutefois, en tenant compte de la situation des prévenus, le ministère public a sollicité une peine de deux mois de travaux d’intérêt général assortie de douze mois d’emprisonnement ferme pour les candidats bénéficiant de la garantie d’au moins deux parents afin d’assurer l’exécution de ces travaux. Pour ceux ne présentant pas cette garantie, il a requis une peine de quatre mois d’emprisonnement ferme ainsi qu’une amende de 250 000 francs CFA avec sursis.

Après avoir entendu les parties, le tribunal a mis son jugement en délibéré. La décision est attendue le 26 juin 2026.

Reveil-info

Source :Justice Infos Burkina

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