19 juin 2026
Home » Les accidents sur la RN 3: l’improbable hypothèse des génies

𝘼𝙘𝙘𝙞𝙙𝙚𝙣𝙩𝙨 𝙨𝙪𝙧 𝙡𝙖 𝙍𝙉3 : 𝙡’𝙞𝙢𝙥𝙧𝙤𝙗𝙖𝙗𝙡𝙚 𝙝𝙮𝙥𝙤𝙩𝙝è𝙨𝙚 𝙙𝙚𝙨 𝙜é𝙣𝙞𝙚𝙨 à 𝙇𝙤𝙪𝙢𝙗𝙞𝙡𝙖

De nombreux riverains y croient fermement.
La Route nationale n°3 (RN3), reliant Ouagadougou à Kaya, serait-elle un point de passage de génies, notamment sur le tronçon Ouagadougou-Loumbila ?

C’est du moins l’hypothèse avancée depuis plusieurs années par certains riverains et usagers de la route pour expliquer les nombreux accidents enregistrés sur cet axe stratégique de l’économie burkinabè.

« 𝙹𝚎 𝚛𝚘𝚞𝚕𝚊𝚒𝚜 𝚕𝚘𝚛𝚜𝚚𝚞’𝚞𝚗 𝚒𝚗𝚍𝚒𝚟𝚒𝚍𝚞 𝚍𝚎 𝚝𝚛è𝚜 𝚐𝚛𝚊𝚗𝚍𝚎 𝚝𝚊𝚒𝚕𝚕𝚎 𝚊 𝚜𝚘𝚞𝚍𝚊𝚒𝚗𝚎𝚖𝚎𝚗𝚝 𝚝𝚛𝚊𝚟𝚎𝚛𝚜é 𝚍𝚎𝚟𝚊𝚗𝚝 𝚕𝚎 𝚌𝚊𝚖𝚒𝚘𝚗. 𝚀𝚞𝚎𝚕𝚚𝚞𝚎𝚜 𝚒𝚗𝚜𝚝𝚊𝚗𝚝𝚜 𝚙𝚕𝚞𝚜 𝚝𝚊𝚛𝚍, 𝚗𝚘𝚝𝚛𝚎 𝚟é𝚑𝚒𝚌𝚞𝚕𝚎 𝚊 𝚚𝚞𝚒𝚝𝚝é 𝚕𝚊 𝚌𝚑𝚊𝚞𝚜𝚜é𝚎 𝚊𝚟𝚊𝚗𝚝 𝚍𝚎 𝚜𝚎 𝚛𝚎𝚗𝚟𝚎𝚛𝚜𝚎𝚛 », raconte un chauffeur transportant des agrégats. Malgré la violence de l’accident, le conducteur et son apprenti s’en sont sortis indemnes.

« 𝙹’𝚊𝚒 𝚟𝚞 𝚞𝚗 𝚒𝚗𝚍𝚒𝚟𝚒𝚍𝚞 𝚍𝚘𝚝é 𝚍’𝚞𝚗𝚎 𝚚𝚞𝚎𝚞𝚎 𝚝𝚛𝚊𝚟𝚎𝚛𝚜𝚎𝚛 𝚛𝚊𝚙𝚒𝚍𝚎𝚖𝚎𝚗𝚝 𝚕𝚊 𝚛𝚘𝚞𝚝𝚎 𝚓𝚞𝚜𝚝𝚎 𝚊𝚟𝚊𝚗𝚝 𝚕’𝚊𝚌𝚌𝚒𝚍𝚎𝚗𝚝 », affirme un autre conducteur impliqué dans une collision avec un tricycle, qui a fait deux blessés graves.

Aussi surprenants soient-ils, ces témoignages semblent revenir avec une certaine récurrence dans les récits d’accidents sur cette portion de la route.

𝙐𝙣𝙚 𝙛𝙪𝙞𝙩𝙚 𝙙𝙚𝙨 𝙧𝙚𝙨𝙥𝙤𝙣𝙨𝙖𝙗𝙞𝙡𝙞𝙩é𝙨 𝙞𝙣𝙙𝙞𝙫𝙞𝙙𝙪𝙚𝙡𝙡𝙚𝙨 𝙚𝙩 𝙘𝙤𝙡𝙡𝙚𝙘𝙩𝙞𝙫𝙚𝙨

Au-delà des croyances populaires, l’hypothèse de la présence de génies, dont l’existence dans ces circonstances ne peut être ni démontrée ni vérifiée, apparaît surtout comme une manière de détourner l’attention des véritables causes des accidents.

Faut-il croire que des génies seraient responsables de tous les drames de la circulation routière ? La question mérite d’être posée.

Les facteurs de risque, eux, sont bien connus. 𝙀𝙭𝙘è𝙨 𝙙𝙚 𝙫𝙞𝙩𝙚𝙨𝙨𝙚, 𝙣𝙤𝙣-𝙧𝙚𝙨𝙥𝙚𝙘𝙩 𝙙𝙪 𝙘𝙤𝙙𝙚 𝙙𝙚 𝙡𝙖 𝙧𝙤𝙪𝙩𝙚, 𝙙é𝙥𝙖𝙨𝙨𝙚𝙢𝙚𝙣𝙩𝙨 𝙙𝙖𝙣𝙜𝙚𝙧𝙚𝙪𝙭, 𝙞𝙢𝙥𝙧𝙪𝙙𝙚𝙣𝙘𝙚 𝙙𝙚𝙨 𝙪𝙨𝙖𝙜𝙚𝙧𝙨, 𝙙𝙞𝙫𝙖𝙜𝙖𝙩𝙞𝙤𝙣 𝙙𝙚𝙨 𝙖𝙣𝙞𝙢𝙖𝙪𝙭, 𝙙é𝙛𝙖𝙞𝙡𝙡𝙖𝙣𝙘𝙚 𝙙’é𝙘𝙡𝙖𝙞𝙧𝙖𝙜𝙚 𝙨𝙪𝙧 𝙘𝙚𝙧𝙩𝙖𝙞𝙣𝙚𝙨 𝙥𝙖𝙧𝙩𝙞𝙚𝙨 𝙙𝙚 𝙡𝙖 𝙧𝙤𝙪𝙩𝙚, 𝙚𝙩𝙘.

C’est sur ces causes qu’il convient d’agir, à la fois individuellement et collectivement.

À Loumbila, plusieurs carrefours avaient été équipés de feux tricolores afin d’améliorer la sécurité routière. Quelques années plus tard, ces installations ont été fortement dégradées, voire détruites. Face à cette situation, la question de solutions alternatives, telles que l’installation de ralentisseurs à certains points sensibles, mérite d’être examinée.

L’incivisme routier demeure une réalité préoccupante et ne saurait être occulté par des explications relevant du surnaturel.
Il est temps de remettre chacun face à ses responsabilités.

Quant aux supposés génies de la RN3, s’ils existent réellement, espérons qu’ils liront ces lignes et réduiront leurs passages sur la nationale n°3.

Par issa sidwayan tiendrebeogo

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