29 mai 2026
Home » Rencontre de Kigali sur le l’énergie nucléaire : Dr Lassina ZERBO en parle

Clôture du NEISA 2026

Kigali a abrité trois jours intenses au service d’une seule conviction : l’Afrique ne sera pas spectatrice de son avenir énergétique. Elle en sera l’architecte.

Aux côtés de Son Excellence le Président Paul Kagame, j’ai eu l’honneur d’accueillir à Kigali plusieurs chefs d’État, le Directeur général de l’AIEA M. Rafael Mariano Grossi, ainsi que les plus grandes institutions financières du continent et du monde. Ensemble, nous avons transformé une ambition en feuille de route.

Le NEISA 2026, c’est plus de 1 500 délégués venus de 58 pays, plus de 600 responsables gouvernementaux et plus de 25 institutions financières autour de la table. Mais au-delà des chiffres, ce sont des décisions. Le financement du nucléaire en Afrique n’est plus un débat théorique ; il entre désormais dans un agenda concret. La Banque mondiale, la BAD et la TDB se déclarent prêtes à accompagner la planification, l’assistance technique, les études de faisabilité et les investissements de demain.

Et la coopération est passée des intentions aux actes. Le Rwanda achève la Phase 1 de l’approche par jalons de l’AIEA à l’issue du processus INIR. Un mémorandum et un accord de coopération nucléaire ont été signés entre le Rwanda et les États-Unis. Des accords de coopération ont été conclus entre le Rwanda et la République-Unie de Tanzanie. Un partenariat a été formalisé entre la RAEB et le World Institute for Nuclear Security. Et plusieurs autres engagements sont venus sceller une dynamique régionale que rien, désormais, ne devrait pouvoir inverser.

Au-delà des États africains, NEISA 2026 a rassemblé les grandes nations qui façonnent aujourd’hui le nucléaire civil mondial comme l’Argentine, la Chine, les États-Unis, la France, la Grande-Bretagne et la Russie. Une présence qui dit, mieux que tout discours, que la diplomatie scientifique africaine est désormais en marche et que l’Afrique parle à toutes les écoles mondiales du nucléaire, sans s’aligner sur aucune.

Je salue tout particulièrement la mobilisation ouest-africaine autour de ce sommet. La présence du Togo au plus haut niveau, celle des États de l’Alliance des États du Sahel (AES) avec une forte délégation du Mali, une délégation du Burkina Faso, et l’honneur que m’a fait Son Excellence Mahamadou Issoufou, ancien Président de la République du Niger, en répondant à notre invitation, dans la continuité de la participation du Premier ministre Lamine Zeine à la première édition. Cette présence constante en dit long sur la maturité du dialogue sahélien et ouest-africain sur l’énergie.

Le sommet a également réuni les grands acteurs industriels du nucléaire mondial, parmi lesquels CNNC (China National Nuclear Corporation), NANO Nuclear Energy, Holtec International, le Pavillon français et Rosatom, dont la présence à Kigali confirme que l’Afrique est désormais reconnue comme un marché stratégique pour les technologies de nouvelle génération avec les petits réacteurs modulaires (SMR) et les micro-réacteurs en tête.

Je l’ai dit à l’ouverture et je l’ai réaffirmé à la clôture ; il n’y aura pas de souveraineté numérique africaine sans souveraineté énergétique africaine. S’il est vrai que les réacteurs modulaires changent la donne, il faut noter également que le capital humain africain doit être au cœur de cette révolution.

L’Afrique ne doit pas être un acteur périphérique du nucléaire de demain. Elle doit en être bâtisseuse, dès le premier jour. Et c’est avec une immense satisfaction que nous passons le relais au Togo pour la prochaine édition du NEISA. L’Afrique de l’Ouest prend ainsi le flambeau. La dynamique continentale donc est lancée.

Le travail continue.

Dr Lassina Zerbo

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