26 avril 2026
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AMADÉ OUÉRÉMI : L’ASCENSION ET LA CHUTE DU SEIGNEUR DU MONT PÉKO

L’histoire de la Côte d’Ivoire contemporaine comporte des zones d’ombre que le temps commence à peine à éclaircir. Parmi elles, le destin d’Amadé Ouérémi s’inscrit comme l’un des chapitres les plus sombres de la crise qui a déchiré le pays entre 2010 et 2011.
Comment un simple planteur de cacao est-il devenu un chef de guerre condamné pour crimes contre l’humanité ? Plongez dans les détails d’une épopée sanglante.

L’EMPIRE CLANDESTIN DU MONT PÉKO
Tout commence dans l’épaisse végétation de l’Ouest ivoirien. Amadé Ouérémi, ressortissant burkinabé, s’installe illégalement dans la forêt classée du Mont Péko. Ce qui n’était qu’une infiltration agricole se transforme en un véritable système féodal.
Pendant des années, il règne en maître sur des milliers d’hectares de terres protégées. Il y installe des milliers de planteurs, prélève des impôts, et bâtit une puissance financière colossale grâce à « l’or brun » : le cacao. Le Mont Péko n’était plus une réserve naturelle, c’était devenu son royaume, un territoire échappant totalement au contrôle de l’État.

LE CHAOS DE LA GUERRE (2010-2011)
Lorsque la crise post-électorale éclate, le « seigneur de la forêt » sort de l’ombre. Il transforme ses ouvriers agricoles en une milice lourdement armée.
Lors de la progression vers Abidjan, ses hommes font cause commune avec les Forces Républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) — l’armée créée par décret pour soutenir Alassane Ouattara. Mais c’est à Duékoué, carrefour stratégique de l’Ouest, que l’horreur atteint son paroxysme. En mars 2011, le quartier « Carrefour » subit un massacre de grande ampleur. Les organisations internationales dénoncent l’exécution systématique de civils, principalement issus de l’ethnie Wê, perçue comme un soutien historique de Laurent Gbagbo.

LA FIN DE L’IMPUNITÉ
Après la victoire militaire, Ouérémi refuse de désarmer et de quitter sa forêt. Il se croit intouchable. Mais en mai 2013, le gouvernement ivoirien décide de mettre fin à cet affront. L’armée régulière lance une opération d’envergure. Capturé dans son bastion, il est conduit à Abidjan sous haute escorte.
Le 15 avril 2021, le verdict tombe. Devant le tribunal criminel, Amadé Ouérémi tente de se défendre en affirmant n’avoir été qu’un exécutant aux ordres de la hiérarchie militaire. Ses arguments ne convainquent pas les juges. Il est reconnu coupable de :
Crimes contre l’humanité ;
Assassinats et viols ;
Pillages et disparitions forcées.
La sentence : la prison à perpétuité.

POURQUOI CETTE HISTOIRE EST-ELLE CRUCIALE ?
Au-delà de l’homme, le cas Ouérémi symbolise la difficulté de la justice en période de conflit. Il reste, à ce jour, l’une des rares figures ayant combattu aux côtés des forces victorieuses à avoir été condamnée pour des crimes de sang. C’est un rappel brutal des blessures encore vives de l’Ouest ivoirien et des défis liés à la protection de l’environnement face à l’exploitation illégale.

Et vous, pensez-vous que ce procès a permis de rendre justice aux victimes de l’Ouest ?
L’histoire est un miroir, regardons-la pour ne pas répéter les mêmes erreurs.
Source :HistoireIvoire

Reveil-info

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