4 avril 2026
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Récit d’un procès : Pour 100 FCFA, il perd la vie

Le mercredi 1er avril 2026, le ministère public a poursuivi, devant la chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Ouahigouya, un prévenu, Dougoutigui (nom d’emprunt), pour des faits de coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner.

Les faits remontent au 12 mars 2026.

Selon les éléments du dossier, tout serait parti d’une altercation autour de la somme de 100 francs CFA. Le prévenu, cordonnier de profession, s’était rendu dans un kiosque pour prendre un café. Ne disposant que d’un billet de 500 francs, il n’a pas pu être servi, faute de monnaie. Sur le chemin du retour, il croise la victime, Tanga (nom d’emprunt), qui lui réclame la somme de 100 francs. Face au refus du prévenu, une tension naît entre les deux hommes.

Une altercation qui dégénère

À la barre, Dougoutigui reconnaît les faits et livre sa version : « Il m’a demandé 100 francs. Je lui ai dit que je n’avais pas de monnaie. Il a dit qu’il allait se venger ». Selon ses déclarations, la situation s’envenime lorsqu’il regagne son atelier. La victime l’y rejoint et tente de l’attaquer.

Il poursuit : « Il a pris un caillou pour me lancer. J’ai esquivé. Il venait vers moi avec les poings fermés. J’avais déjà une paire de ciseaux en main… ». Le geste part. Le coup atteint la victime au cou. Une lutte s’engage avant l’intervention de témoins. C’est à ce moment, explique le prévenu, qu’il constate l’abondance du sang.

Des éléments accablants

Le rapport médico-légal versé au dossier fait état d’une plaie profonde de 8 centimètres ayant provoqué une hémorragie mortelle.

Le parquet relève également l’existence de tensions antérieures entre les deux hommes, évoquant des altercations dans un cabaret puis dans un kiosque avant le drame.

À la question du tribunal : « Pourquoi avoir utilisé des ciseaux et visé une zone aussi sensible ? »

Le prévenu répond : « Je n’ai pas fait exprès. Je ne voulais pas le tuer. Je ne suis pas en bonne santé, je ne pouvais pas me battre. »

La position de la famille

Présent à l’audience, le père de la victime a déclaré ne pas se constituer partie civile et ne réclamer aucune réparation.

Les réquisitions du parquet

Dans ses réquisitions, le procureur du Faso a estimé que les faits sont constitués. Il a requis une peine de 60 mois d’emprisonnement dont 24 mois ferme ainsi qu’une amende de 100 000 FCFA ferme contre le prévenu.

Le dernier mot du prévenu

Invité à s’exprimer en dernier, Dougoutigui a demandé pardon : « Mon intention n’était pas de le tuer. Je regrette ».

Le tribunal a mis l’affaire en délibéré pour jugement être rendu le 22 avril 2026.

TGI de Ouahigouya

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