Interview du terroriste Amadou Koufa : L’Assemblée nationale française fustige France 24

Ouagadougou, 3 avril 2026 (AIB)-L’Assemblée nationale française a fustigé, le 26 mars 2026, France 24 pour avoir utilisé l’argent du contribuable afin de donner la parole, au « chef terroriste sanguinaire » Amadou Koufa.
Le jeudi 26 mars 2026, l’Assemblée nationale française, à travers la Commission d’enquête sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public, a convoqué Marie-Christine Saragosse, présidente-directrice générale de France Médias Monde (FMM), Roland Husson, directeur général de FMM en charge du pôle ressources, Jean-Marc Four, directeur de RFI, ainsi que Vanessa Burggraf, directrice de France 24, pour leur adresser un certain nombre de griefs.

De ce débat assez houleux, on retiendra les passes d’armes entre le rapporteur de la Commission, le député Charles Alloncle, et la directrice de France 24, Vanessa Burggraf, au sujet de la tribune offerte au terroriste Amadou Koufa, chef de la Katiba Macina affiliée à Al-Qaïda.
Il s’agit d’une interview réalisée par le journaliste Wassim Nasr, présenté comme spécialiste des mouvements terroristes, et diffusée sur les antennes de France 24 et de RFI en octobre 2024 sous le titre : « Russie au Sahel, exactions du JNIM, projets d’expansion : les réponses du chef terroriste H. Kouffa ».
Charles Alloncle a fustigé la publication de ces échanges avec ce terroriste, responsable d’atrocités dans le Sahel.
« Est-ce que vous trouvez normal que l’argent des Français contribue à deux ans d’efforts pour aller donner la parole et recueillir les impressions d’un chef terroriste sanguinaire ? », s’est emporté le député.
Puis d’ajouter : « Est-ce que vous trouvez normal que des journalistes du service public, payés à hauteur de 300 millions d’euros chaque année (je prends le groupe FMM), donnent la parole au responsable d’un groupe terroriste ? ».
Selon lui, France 24 et RFI, en ouvrant leurs antennes à cet assassin, « institutionnalisent la parole terroriste au même niveau qu’une parole officielle ».
Charles Alloncle a également dénoncé l’attitude de Wassim Nasr, qui « communique régulièrement avec les terroristes » et n’hésite pas, selon lui, à légitimer leurs versions.
Acculée, la directrice de France 24, Vanessa Burggraf, n’a pas réussi à convaincre l’auditoire.
Dans un premier temps, elle a indiqué qu’il ne s’agissait pas d’une interview mais d’un décryptage. Elle a toutefois été immédiatement contredite, l’introduction de l’article précisant clairement qu’il s’agissait d’une interview.
Mme Burggraf a également tenté de faire valoir que donner la parole à des terroristes répondait au principe de pluralisme de l’information. Là encore, Charles Alloncle l’a contredite, rappelant qu’il n’était pas concevable de donner la parole à des criminels nuisant aux intérêts stratégiques de son pays et des populations du Sahel.
La tentative de Mme Burggraf de présenter Wassim Nasr comme un journaliste apportant des informations utiles à la France n’a pas convaincu l’auditoire.
Acculée jusque dans ses derniers retranchements, Vanessa Burggraf a finalement proposé de fournir des éléments complémentaires par écrit, invoquant des impératifs de confidentialité.
En rappel, le pôle judiciaire spécialisé dans la répression des actes de terrorisme au Burkina Faso a décidé, en septembre 2024, de l’ouverture d’une enquête contre le journaliste Wassim Nasr pour son soutien flagrant et répété aux terroristes actifs dans le Sahel.
Par ailleurs, le gouvernement burkinabè a suspendu France 24 depuis mars 2023, la qualifiant « d’agence de communication pour terroristes ». RFI est suspendue depuis décembre 2022 pour des raisons similaires.
Agence d’information du Burkina
Reveil-info
