Dans le village de Souka, situé à une dizaine de kilomètres de Zorgho, une guérisseuse fait parler d’elle et attire des malades venus de plusieurs localités.

Abzèta Kaboré, plus connue sous le nom d’Adja Souka, affirme avoir soigné plus de dix mille patients en seulement deux ans, principalement pour des affections qualifiées de « mystiques ». Nous sommes allés à sa rencontre le 31 mars dernier.
Pour se rendre dans le village de Souka, il faut quitter l’axe principal et traverser des pistes bordées de buissons. A l’arrivée, le site se présente comme un espace rudimentaire composé de quelques habitations, de hangars et de huttes en plastique servant d’abris pour les malades internés. En ce mardi 31 mars, l’ambiance y est particulière : chants, animations et témoignages de reconnaissance rythment la journée. Plusieurs anciens patients sont venus exprimer leur gratitude à celle qu’ils considèrent comme leur bienfaitrice. Parmi eux, Abzèta Sana, venue de Zorgho, raconte avoir retrouvé la santé après plusieurs années d’errance médicale. « J’étais malade depuis longtemps. J’ai fait plusieurs hôpitaux sans succès. Ici, en moins d’un mois, je suis guérie. Je souffrais de troubles mentaux », confie-t-elle. Même satisfaction chez Rasmané Dabilgou qui souffrait d’un mal persistant à la cuisse. « Nous avons fait des radios et consulté des médecins, sans amélioration. Aujourd’hui, il marche normalement grâce aux soins d’Adja Souka », affirme-t-il. D’autres témoignages ont évoqué des cas plus complexes. Marata Compaoré a expliqué avoir souffert pendant sept ans de douleurs intenses et inexpliquées. « Mon corps me brûlait constamment. Aujourd’hui, je dors bien et je mange bien », dit-elle, soulagée. Barry Laïla, venue du département d’Andemtenga, a affirmé pour sa part que son enfant, atteint de troubles mentaux pendant 17 ans, a retrouvé une vie normale après un mois de traitement. Sur place, certains visiteurs ont évoqué même des guérisons spectaculaires, allant jusqu’à parler de cas de patients sortis du coma. Des propos difficiles à vérifier de manière indépendante, mais qui contribuent à renforcer la réputation de la guérisseuse dans la région. Interrogée, Adja Souka attribue ses capacités à un don spirituel. « J’ai reçu ce pouvoir de guérison d’êtres mystérieux vivant dans l’eau.

J’ai commencé à soigner en Côte d’Ivoire il y a 13 ans avant de revenir au Burkina Faso en 2024 pour aider mes compatriotes », explique-t-elle. Elle affirme traiter divers maux, notamment les troubles mentaux, les cas d’envoûtement, les infirmités et les problèmes liés à la fertilité. Toutefois, elle reconnaît faire face à des difficultés importantes. « Nous manquons d’eau et d’infrastructures pour accueillir les patients. Un appui de l’Etat serait d’une grande aide », plaide-t-elle. Si l’affluence et les témoignages semblent montrer un réel engouement, la pratique soulève également des questions, notamment en matière de santé publique et de régulation des soins traditionnels. Entre espoir pour certains et scepticisme pour d’autres, le phénomène Adja Souka illustre la place toujours importante des médecines traditionnelles dans le système de soins au Burkina Faso. Adja Souka a distribué ses capacités à un don spirituel.
WENDAABO
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