𝘐𝘓 𝘔𝘈𝘚𝘚𝘈𝘊𝘙𝘌 𝘛𝘖𝘜S 𝘚𝘌𝘚 𝘌𝘕𝘍𝘈𝘕𝘛𝘚 𝘗𝘖𝘜𝘙 𝘚𝘌 𝘝𝘌𝘕𝘎𝘌𝘙 𝘋𝘌 𝘚𝘈 𝘚é𝘗𝘈𝘙𝘈𝘛𝘐𝘖𝘕 𝘈𝘝𝘌𝘊 𝘓𝘌𝘜𝘙 MERE.
𝘌𝘯 𝘶𝘯 𝘢𝘱𝘳è𝘴 𝘮𝘪𝘥𝘪, 𝘶𝘯 𝘮é𝘥𝘦𝘤𝘪𝘯 𝘳𝘦𝘯𝘰𝘮𝘮é 𝘥𝘶 𝘚é𝘯é𝘨𝘢𝘭 𝘷𝘢 𝘢𝘴𝘴𝘢𝘴𝘴𝘪𝘯𝘦𝘳 𝘵𝘰𝘶s 𝘴𝘦𝘴 𝘦𝘯𝘧𝘢𝘯𝘵𝘴 𝘱𝘰𝘶𝘳 𝘴𝘦 𝘷𝘦𝘯𝘨𝘦𝘳 𝘥𝘦 𝘭𝘦𝘶𝘳 𝘮ére

𝘓’𝘈𝘍𝘍𝘈𝘐𝘙𝘌 𝘗𝘈𝘠𝘌
Nous sommes le dimanche 07 novembre 2021 à Dakar au Sénégal. Dans le quartier huppé de Sacré-Cœur, où rien ne laissait présager l’irréparable.
Au volant de sa voiture, le Dr Falla Paye, chirurgien-dentiste respecté de 47 ans, conduisait déja avec une idée précise dans la tête.
Assis derrière lui, ses trois enfants, bavards et insouciants, s’amusaient avec la promesse d’une après-midi au cabinet de leur oncle.
À l’arrière, Marième, 11 ans, l’aînée, brillante élève d’une école d’élite. Adja, 8 ans, la cadette et Ousmane, le benjamin de 4 ans (voir photos ci-dessous)
Pour eux, leur père était un héros en blouse blanche. Pourtant, ils ne pouvaient pas voir que cet homme que tout le Sénégal admirait pour sa réussite, était en train de se désintégrer de l’intérieur.

Derrière la façade cossue de la famille Paye se cachait un gouffre.
Le foyer, uni en apparence, n’était plus qu’un champ de ruines. Le Dr Falla Paye était marié à Ndeye Awa Diagne, 41 ans (voir photo ci dessous), gynécologue de renom.
Leur union, autrefois symbole de réussite sociale, s’était consumée dans une série de disputes de plus en plus violentes. Les conflits financiers, les reproches constants, l’usure du temps avaient eu raison d’eux.
La rupture était consommée, le divorce, inévitable.
Pour Falla, cette séparation n’était pas une simple fin de mariage. C’était une humiliation publique, une perte de contrôle qu’il ne supportait pas.
Dans les méandres de son esprit, un glissement s’opérait.
Il ne voyait plus en Awa la mère de ses enfants, mais l’ennemie absolue, celle qui allait lui voler sa descendance, les élever loin de lui, sous une influence qu’il jugeait néfaste.
Il laissera derrière lui une lettre de dix pages. Un manifeste délirant où la douleur se mêle à une paranoïa glaçante. Il y accuse son épouse de trahison, de manque de respect et d’indifférence.
Mais l’obsession centrale, celle qui scellera le sort des enfants, est contenue dans une phrase d’une froideur chirurgicale : il ne voulait pas « laisser sa descendance » à son épouse.
Cette phrase marque le point de bascule.
Ce n’est plus un homme jaloux ; c’est un père qui, dans une logique de possession malade, décide que ses enfants ne vivront pas loin de lui.
Et surtout, pas avec elle.
Le trajet s’achève devant le cabinet médical du frère de Falla, un lieu connu des enfants. Ce dimanche-là, le cabinet est vide. Falla fait entrer les enfants. Il leur parle doucement, sans doute. Il prépare ses instruments.
Puis l’horreur commence. d’une froideur clinique, il se déchaîne…
Médecin pourtant formé à sauver des vies, il administre à chacun de ses enfants une injection mortelle.
Le produit, puissant, foudroye les enfants un à un sans leur laisser la moindre chance de survie.
Certains témoignages feront état d’une violence supplémentaire indescriptible.
L’un des enfants convulse et pour s’assurer qu’il ne lui reste aucune chance de survie, Falla va se saisir d’un couteau tranchant et le poignarder jusqu’à ce que mort s’en suive.
La figure du père s’est totalement transformée en bourreau de ses propres enfants.
Marième (11 ans), Adja (8 ans) et Ousmane (4 ans) s’éteignent dans ce lieu qui était censé soigner.
Après ce geste, Falla Paye retrouve le calme. Le plan est exécuté.
Il rentre chez lui, dans la villa familiale de Sacré-Cœur.
Là, il pose la lettre de dix pages (que vous pourrez lire plus bas), un ultime monologue où il tente de justifier l’injustifiable, mêlant rancœur, amour perverti et logique mortifère.
Puis, avec la même détermination qui l’a poussé à ôter la vie de ses enfants, il se suicide.
Quand les secours arriveront, poussés par l’inquiétude d’Awa, ils ne trouveront que la lettre et les corps.
Il n’y aura ni procès, ni condamnation.
La justice ne pourra que constater les faits. La frustration judiciaire sera immense.

Sur le plan psychologique, les experts s’interrogeront sur le profil du père, qui est celui d’un homme en pleine décompensation mentale aiguë.
Mais derrière l’apparence du notable instruit se cachait une personnalité paranoïaque, rongée par un sentiment de persécution.
Il ne s’agissait pas seulement d’un « crime passionnel », mais d’une forme déviée d’infanticide dit « altruiste », où le parent, dans un délire de contrôle, est convaincu qu’il « sauve » ses enfants d’un avenir qu’il juge insupportable sans lui.
Quant à Awa la mère, gynécologue de formation, elle incarne au lendemain du drame, le visage d’une douleur impossible.
Celle qui a vu ses enfants partir avec leur père pour un après-midi ordinaire et qui ne les a plus jamais revus vivants.
Leur séparation, aussi conflictuelle soit-elle, relevait de la mésentente conjugale classique. D’après elle, rien ne laissait présager que derrière les disputes financières et l’incompatibilité d’humeur se cachait un risque d’une telle ampleur.
Reveil-info
