Le 12 mars dernier, le Parlement de l’Union européenne (UE) a adopté une résolution appelant à la «libération» de l’ancien président nigérien Mohamed Bazoum, détenu depuis la révolution militaro-populaire intervenue en juillet 2023. Selon les chiffres avancés, 524 députés sur 555 auraient soutenu cette initiative qui marquant une large convergence au sein de l’hémicycle européen. Cette prise de position intervient alors que le mandat constitutionnel de l’ancien chef de l’État devrait théoriquement s’achever le 2 avril 2026.

Une réaction ferme et immédiate des autorités nigériennes.
La riposte de Niamey ne s’est pas fait attendre. Les autorités nigériennes ont procédé au rappel immédiat de leur représentante auprès de l’Union européenne, dénonçant ce qu’elles qualifient d’«ingérence manifeste» dans les affaires intérieures d’un État souverain. Le pouvoir militaire, appuyé par la société civile nigerienne, rejette catégoriquement toute forme d’injonction extérieure. Les autorités insistent sur le principe de souveraineté nationale, qu’elles considèrent non négociable dans la gestion de la transition politique en cours.
Accusations d’arrière-pensées et tensions diplomatiques.
Au-delà de la simple protestation diplomatique, Niamey évoque l’existence d’intérêts étrangers sous-jacents. Les autorités nigériennes dénoncent une approche «sélective et malveillante», qu’elles associent notamment à des intérêts français. Dans ce contexte, le nom de *Christophe Gomart*, présenté comme l’un des initiateurs de la résolution, est cité par les autorités nigériennes comme illustration d’une manœuvre politique aux relents géostratégiques.
Une procédure judiciaire en toile de fond.
Par ailleurs, les autorités de transition rappellent qu’une procédure judiciaire est en cours contre Mohamed Bazoum. L’ancien président est accusé de «haute trahison» et de «collusion avec des groupes terroristes», des chefs d’accusation qui justifient pleinement sa détention actuelle. Ces éléments juridiques sont au cœur de la divergence d’appréciation entre les autorités nigériennes et leurs partenaires internationaux.
𝐏𝐚𝐫 𝐁𝐨𝐮𝐛𝐚 𝐒𝐀𝐑𝐑
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