Cameroun : Il protégeait les autres, il n’a pas pu se protéger d’elle : un policier tué par sa femme, le 8 Mars à Nkongsamba.

C’est une tragédie qui glace le sang et laisse toute une communauté sous le choc. Dans la nuit du samedi 7 au dimanche 8 mars 2026, alors que le monde célébrait la Journée internationale des droits de la femme, un drame conjugal d’une violence inouïe s’est joué à Nkongsamba, emportant la vie d’un homme dont le métier était justement de protéger celle des autres.
Lui, c’était Bengono Mathurin, 40 ans (âge approximatif), Gardien de la Paix Principal (GPP). Un homme en uniforme, un serviteur de l’État affecté au Commissariat de Sécurité Publique de Nkongsamba 3ème. Un père, un mari, un collègue respecté. Ce dimanche, il ne répondra plus à l’appel.
Dans leur domicile familial, là où auraient dû régner l’intimité et la complicité, la nuit a basculé dans l’horreur. Une dispute a éclaté. Les mots, durs, ont fusé. Et puis, l’irréparable. Dans un geste fou de désespoir ou de rage, celle qui partageait sa vie s’est emparée d’une arme blanche, un poignard, et a frappé.
Le coup a été mortel. Le gardien de paix s’est effondré, la vie s’échappant de lui dans un silence assourdissant, ne laissant place qu’aux cris et aux larmes.
Une communauté anéantie
Ce matin, au commissariat de Nkongsamba 3ème, les visages sont fermés, les regards dans le vide. Comment célébrer le service quand l’un des siens n’est plus ? Comment accepter que la mort soit venue par la main de celle qu’il aimait ?
« C’était un collègue dévoué, un homme calme », confie, la voix brisée, un de ses camarades. « On ne comprend pas. On ne comprend pas comment on en arrive là. Laisser ses enfants… laisser tout ça pour une dispute. » Raconte Mvondo.
Sa dépouille a été déposée à la morgue de l’Hôpital Régional de Nkongsamba. Elle y attend, froide et silencieuse, que la lumière soit faite sur les dernières heures de son existence.
Un 8 Mars à jamais meurtri
Le contraste est d’une cruauté infinie. Ce 8 mars 2026, censé être une journée de célébration des droits des femmes, de l’amour et du respect, restera gravé comme le jour où un homme est mort sous les coups de sa compagne à Nkongsamba. Une journée où les messages de paix et d’émancipation ont été balayés par la violence conjugale, rappelant douloureusement que le fléau ne connaît ni uniforme, ni statut social, ni jour de fête.
L’épouse mise en cause a été interpellée. Elle est actuellement entendue par les enquêteurs qui tenteront de démêler les fils de cette nuit tragique. Pour elle, pour la mémoire de Benongo Mathurin, pour leurs enfants désormais orphelins de père, la vérité devra éclater.
Mais aujourd’hui, à Nkongsamba, il n’y a que le silence lourd du deuil et l’incompréhension face à un drame qui aurait pu, qui aurait dû, être évité.
Reposez en paix, Gardien de la Paix Principal Benongo Mathurin. Votre absence laissera un vide immense.
Par Georges Domo
loeildusahara.com
