Récit d’un procès : Deux VDP condamnés à 2 ans de prison avec sursis pour arrestation illégale

Deux VDP d’un village rattaché à la commune de Niangoloko, répondant au nom de Cabral (nom d’emprunt) pour l’un et Ousmane (nom d’emprunt) pour l’autre ont comparu à la barre de la chambre criminelle du TGI de Banfora le 20 février dernier pour répondre des faits d’arrestation illégale sur la personne de Baki(nom d’emprunt). Faits prévus et punis par la loi.
Cabral et Ousmane sont deux Volontaires pour la Défense de la Patrie (VDP) d’un village de la commune de Niangoloko. Souroukou (nom d’emprunt) est du reste le chef des VDP de leur village. Ils ont comparu devant la barre du TGI de Banfora le 20 février 2026 pour répondre des faits d’arrestation illégale de Baki le 5 juillets 2025.
En clair, ils se sont saisis de Baki dans son champ et l’ont conduit de force à son domicile où ils l’ont ligoté sous le regard des siens avant de confisquer un de ses animaux au motif qu’il a pris des engagements au domicile du chef de leur village en présence de ce dernier et qu’il n’a pas respectés. A ce qui se dit, Baki s’est rendu dans le champ d’anacarde d’un autre habitant du village et y a ramassé les noix d’anacarde qu’il aurait vendues. Pris presque la main dans le sac, il s’est engagé à rembourser l’argent de la vente de l’anacarde dans un délai convenu de commun accord devant le chef de village. Ce délai est passé mais, Baki ne se manifestait pas. C’est ainsi que les deux VDP, accusés dans ce dossier entreprirent de le retrouver. Ils sont allés à plusieurs reprises chez Baki sans le voir. La dernière fois, après l’avoir absenté une fois de plus à son domicile, ils auront néanmoins la chance de le voir dans son champ. Sur place, les deux VDP décidèrent de le conduire à la maison chez lui où ils l’ont ligoté, saisi son animal qu’il ne devrait reprendre qu’après avoir remis l’argent de la vente au propriétaire du champ d’anacarde.
Interrogés par le juge, ils les ont reconnus sans ambages. Ils attestent avoir arrêté la victime sans l’autorisation préalable d’une autorité compétente. L’un à la suite de l’autre, ils ont expliqué comment les choses se sont passées avant de déclarer avoir agi en ignorance des textes tout en promettant amende honorable. Cabral et Ousmane étaient assistés d’un conseil qui a voulu savoir auprès du propriétaire du champ l’ambiance qui régnait au village après les faits. A cette question, il dira que ça va et qu’il n’y avait plus de problème entre eux.
Pour le procureur, les faits d’arrestation illégal sont constitués à l’encontre des deux VDP. Il a par conséquent requis qu’ils soient maintenus dans les liens de cette prévention et qu’ils en soient déclarés coupables. En répression, le ministère public a demandé que chacun d’eux soit condamné à 11 ans de prison dont 5 fermes et à payer une amende d’1 million de francs CFA ferme.
A la suite de cette réquisition du parquet, l’avocat des accusés a, dans sa plaidoirie, invité le tribunal à rendre une décision qui va consolider la paix déjà retrouvée entre les différentes parties de cette affaire. Se basant sur le certificat médical versé au dossier, il conclut qu’il n’y a pas de sévices car l’incapacité temporaire de travail y mentionné est seulement de 7 jours. Il a estimé de ce fait que les faits devaient être requalifiés en coups et blessures ou violence exercée sur la victime. De plus, a ajouté l’avocat, même si la situation sécuritaire tend à revenir à la normale, ces deux accusés qui sont tous VDP ont leur place au front plus qu’à la maison d’arrêt. C’est pourquoi il a plaidé pour une peine de travaux d’intérêt général ou tout au plus une peine assortie totalement de sursis car Cabral est par exemple père de 10 enfants qui souffriront assurément si leur père se retrouve en prison. Pour lui, si le tribunal accédait à sa plaidoirie, il ferait des deux VDP des apôtres qui iront sensibiliser leurs camarades et l’ensemble du village.
Dans son verdict, le tribunal qui a prononcé des peines pécuniaires à l’encontre des prévenus a également condamné les deux VDP à 2 ans de prison assortis de sursis à exécution.
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