Dans la cosmogonie moaga, la famille repose sur un triangle sacré composé du Bâ (père), de la Mâ (mère) et du Bîiga (enfant). Cette structure familiale reproduit l’ordre de l’univers, où chaque élément joue un rôle essentiel et complémentaire.

Bâ : le père, représentant du Ciel
Le Bâ incarne Naaba Zid-wêndé, le Ciel. Il possède le pouvoir de « pleuvoir » pour féconder et donner l’impulsion de vie. Placé au-dessus, il joue un rôle d’autorité politique et morale dans la famille. Il est l’étincelle, celui qui fait vibrer, qui initie et oriente.
Mâ : la mère, symbole de la Terre
La Mâ représente Paga-Tênga, la Terre nourricière. Elle détient le pouvoir de produire, de transformer et de faire croître. Située au-dessous, elle occupe une place intime et discrète, gardienne des secrets de la vie familiale. Elle est l’énergie cachée : le moteur silencieux qui maintient, structure et fait grandir la famille. Elle est le « trou noir » de l’univers familial, force d’attraction et d’équilibre.
Bîiga : l’enfant, fruit de l’union
Le Bîiga est Sougr-nõoma, la bénédiction née de l’union du Ciel et de la Terre. Il symbolise l’air : ce qui sépare et relie à la fois. L’enfant est la force de l’union, la synthèse des contraires, le médiateur naturel entre deux pôles opposés. Il incarne l’unité du pluriel et la réconciliation permanente.
Ainsi, les lois qui structurent l’univers cosmique régissent également l’univers familial. Le triangle Bâ–Mâ–Bîiga est une reproduction vivante de l’équilibre céleste, où chaque rôle est indispensable à l’harmonie du tout.
Denis Napegbsom Sawadogo
Tradition et Sagesse Médias
