Les sanctions américaines visant l’ex-Commissaire européen Thierry Breton et quatre autres personnalités européennes ont choqué les dirigeants européens. Elles sont pourtant dans la droite ligne de la politique de l’administration Trump vis-à-vis de l’Europe : un divorce douloureux.

S’il fallait un symbole de la bascule du monde en cette année 2025, les sanctions prises cette semaine par l’administration Trump contre Thierry Breton et quatre autre personnalités européennes tombent à pic. C’est un geste hostile sans précédent entre pays alliés, ou plus précisément … théoriquement alliés, qui a provoqué de vives réactions en France et en Europe. Ces sanctions sont d’abord idéologiques, basées sur une conception très américaine de la liberté d’expression, et répondent aux intérêts des oligarques de la Tech, devenus le pilier de l’économie américaine. Les arguments qui accompagnent les sanctions se situent dans la droite ligne du discours du vice-président JD Vance à Munich au début de l’année. Il avait accusé les Européens d’un « recul de la liberté d’expression ». Dans la droite ligne, aussi, du document stratégique publié début décembre à Washington, et qui met en garde contre un « effacement civilisationnel » de l’Europe.
Le grand test pour les Européens en 2026 sera de savoir s’ils parviendront à sauver la régulation du numérique pour laquelle Thierry Breton a été sanctionné. La Commission européenne a défendu hier les lois de l’UE sur le numérique, décidées par des États souverains, et approuvées par le Parlement européen élu au suffrage universel. Mais l’offensive de l’administration Trump ne s’arrêtera pas à ces sanctions, elle veut ni plus ni moins que leur retrait, comme le demande la Silicon Valley. L’autre test sera celui de l’ingérence. L’administration Trump soutient ouvertement les extrêmes droites en Europe, les forces « patriotiques » comme le dit le document stratégique. Il faut s’attendre à ce qu’elle fasse tout pour faciliter leur accession au pouvoir. C’est un divorce dans lequel on ne se fait pas de cadeaux, personne ne doit en douter en Europe.
Source: Radio France

