31 janvier 2026
Home » Au palais de justice-TGI Bobo : un mariage forcé qui se termine en viol

TGI de Bobo-Dioulasso : Un mariage f0rcé qui se termine en viol

Madi, Karim, Paul et Cédric (tous des noms d’emprunt) ont comparu devant les juges de la chambre correctionnelle du TGI de Bobo-Dioulasso ce vendredi 21 novembre 2025. Madi était poursuivi pour des faits de mariage f0rcé et vi’0l. Karim, lui, est poursuivi pour mariage f0r’cé et complicité de vi’0l. Quant à Paul et Cédric, ils sont poursuivis pour des faits de mariage f0rcé uniquement.
La vic-time, Françoise (nom d’emprunt), est une fille de 16 ans de la famille de Paul et Cédric. Madi, le mari, est poursuivi pour avoir contracté un mariage par c0ntrainte, en l’espèce en acceptant d’épouser Françoise sans son c0nsentement. Il est reproché aux trois autres d’avoir favorisé un mariage f0rcé en accomplissant les formalités entre la vic-time et Madi, notamment en la conduisant de son village jusqu’au village de Madi.

Les faits se sont déroulés courant octobre 2025 dans un village de la commune de Faramana. Tout est parti d’un accord entre les deux familles. La famille de Madi, qui avait besoin de marier leur fils, est allée voir la famille de Françoise, qui n’est autre que Paul et Cédric, respectivement l’oncle et le neveu de cette dernière.
Selon le récit des prévenus, dans leur localité, la coutume veut que si une famille décide de vous donner leur fille en mariage, vous devez leur remettre une de vos filles. C’est une sorte d’échange. C’est dans cette logique que la famille de Françoise a accepté le « deal » sans son consentement, avec l’espoir qu’eux aussi allaient avoir une femme.

Paul et Cédric ont été chargés de faire l’échange. Ils ont conduit la vic-time de leur village jusqu’au village de son prétendu mari. Arrivés là-bas, celle qui devait les suivre, méc0ntente sûrement du mariage, s’est cachée. C’est le lendemain qu’ils ont pu la retrouver. L’échange ainsi effectué, ils sont retournés chez eux avec leur nouvelle mariée, laissant Françoise en pl€urs entre les mains de son mari, Madi.

Le tribunal leur demande :
— Avez-vous demandé son consentement avant de faire l’échange ?
— Oui, mais elle n’a rien dit. Elle est restée silencieuse. Donc nous avons pensé que ça la plaisait.

— Quand vous l’avez remorquée sur la moto pour se rendre chez son mari, qu’est-ce qu’elle vous a dit ?
— Elle pl€urait, répond Paul.

— Pourquoi pl€urait-elle selon vous ?
— Parce qu’elle n’était pas d’accord.

— Mais vous avez continué quand même ?
— On pensait qu’en arrivant, elle allait changer d’avis.

Selon les dires de la vic-time, elle a été f0rc’ée par son oncle Paul à monter sur la moto : « Il m’a mena-cée de me fra-pper avec un f0uet si je ne montais pas », a-t-elle déclaré. Arrivée chez son mari, elle a été conduite par l’oncle de Madi, en l’occurrence Karim, dans une maison où elle a vécu pendant deux jours dans les pl€urs.

Dans la nuit du 12 au 13 octobre, les choses ont pris une autre tournure. Madi a eu l’envie d’avoir des rapports $€xuels avec sa nouvelle c0nquête, alors que cette dernière était toujours en pl€urs. Elle a opposé une rési$tance far0uche à sa demande. Il a fait appel à quatre de ses amis qui l’ont aidé à attra-per la fille afin qu’il puisse poser son acte.
Selon la version de la vic-time, les quatre gaillards ont attra-pé ses membres inférieurs et supérieurs afin de l’immobiliser. C’est ainsi que Madi l’a violée.

Madi n’a pas nié cette partie des faits. Il reconnaît avoir eu l’aide de ses amis pour poser son acte. Séance tenante, il a donné leurs noms au procureur. Après son acte, Madi était toujours convaincu que Françoise allait changer d’avis et accepter être avec lui.
Le lendemain, ils ont eu l’idée de l’envoûter afin qu’elle accepte le mariage. C’est quand lui et Paul la conduisaient dans un autre village pour les rites d’envoûtement qu’ils ont été appréhendés lors d’un contrôle routier. C’est ainsi que l’affaire s’est révélée au grand jour.

Selon le procureur, les faits de mariage f0r’cé sont constitués à l’égard des prévenus. Il a requis :

— Contre Madi : la rétention des faits de mariage f0rcé et viol, une condamnation de 7 ans dont 5 ans ferme, et une amende d’un million FCFA ferme.
— Contre les trois autres : la rétention des faits de mariage f0rcé et une condamnation de 24 mois dont 12 fermes, et une amende de 500 000 FCFA ferme.

Pour Karim, il a requis sa relaxe pour les faits de complicité de viol, estimant que ce dernier n’était pas sur les lieux.

Ils seront situés sur leur sort le 5 décembre 2025.
Justice Infos Burkina

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

error: Content is protected !!