Récit d’un procès : Il tue l’enfant de son voisin qu’il a pris pour un singe
Le Tribunal de grande instance (TGI) de Banfora a eu à se prononcer, le mardi 23 septembre 2025, sur le sort d’un cultivateur que nous appellerons Marcel (nom d’emprunt). Ce dernier était poursuivi pour détention illégale d’arme à feu et homicide involontaire.
Entendu à la barre, Marcel a reconnu avoir effectivement tiré sur le fils de son voisin, un adolescent d’environ 14 ou 15 ans, que nous appellerons Paul (nom d’emprunt). Les faits se sont déroulés en septembre 2025. Marcel a expliqué qu’il était assis sous un arbre dans son champ lorsqu’il a entendu des bruits au milieu de ses cultures de maïs. Il s’est alors levé, fusil en main, et a attendu quelques minutes à l’affût. Mais n’ayant rien vu, il s’est rassuré.
Un peu plus tard, Marcel a de nouveau entendu un bruit et aperçu une silhouette sous un arbre. Pensant avoir affaire à un singe, il a levé son arme et tiré. La cible s’est aussitôt mise à crier. « C’est là que j’ai compris que c’était une personne », a-t-il déclaré à la barre. En s’approchant, il a découvert avec effroi qu’il venait de toucher mortellement Paul, qu’il connaissait très bien. Malgré ses tentatives d’alerter la famille de la victime, le jeune garçon n’a pas survécu à ses blessures.
Pour sa défense, Marcel a soutenu qu’il croyait tirer sur un singe, car ces animaux dévastaient régulièrement son champ. Mais pour le procureur du Faso près le TGI de Banfora, il a agi avec imprudence : « Si vous aviez pris le temps de vérifier que ce qui bougeait sous le feuillage était bien un animal, ce drame ne se serait pas produit », a-t-il déclaré, rappelant que le champ est proche d’un passage fréquenté par les riverains.
Un autre élément aggravant est celui de la détention illégale d’arme à feu. En effet, le fusil en question appartenait initialement au père de Marcel, qui avait obtenu une autorisation d’achat et de port d’arme en son nom. Mais Marcel, lui, ne disposait d’aucun permis, ce qui constitue une infraction. Le procureur a profité de l’occasion pour sensibiliser le public : « Pour porter une arme, il faut obligatoirement un permis de port d’arme. L’autorisation d’achat ne suffit pas. Chaque titulaire reçoit une formation sur l’usage et les risques liés aux armes à feu, afin d’éviter des drames comme celui-ci ».
Au cours des débats, il a été important de déterminer s’il s’agissait d’un accident ou d’un acte prémédité. Les témoignages de Marcel et du père de la victime ont montré que les deux familles vivaient en bons termes et qu’aucun conflit n’existait entre elles.
À la fin de l’audience, le père de Paul a refusé de se constituer partie civile ou de demander réparation. Le procureur du Faso a requis la reconnaissance de Marcel coupable des faits de détention illégale d’arme à feu et d’homicide involontaire, et a proposé une peine de 36 mois de prison avec sursis, assortie d’une amende d’un million de francs CFA, dont 500 000 avec sursis.
Après délibération, le tribunal a déclaré Marcel coupable et l’a condamné à 24 mois de prison avec sursis et à une amende d’un million de francs CFA avec sursis. Le fusil a été placé sous scellé.
Justice Infos Burkina
Source : Wangola Médias
Reveil-info
