Récit de procès : Elle donne un coup de pilon à sa coépouse à cause de 5 000 FCFA
Salimata (nom d’emprunt) a été jugée par défaut (en son absence, faute de comparution) par la chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Bobo-Dioulasso pour coups et blessures volontaires sur sa coépouse.
Ménagère née en 2004 ( 19 ans au moment des faits) et mère d’un enfant, Salimata vivait en cohabitation avec sa coépouse Kadi (également un nom d’emprunt), toutes deux mariées à un Volontaire pour la Défense de la Patrie (VDP). Leur mari avait mis en location un de ses biens immobiliers, dont le loyer mensuel s’élevait à 5 000 F CFA. Avant d’être déployé sur les théâtres d’opérations, il avait demandé à ses deux épouses d’encaisser ensemble cette somme pour participer aux charges du foyer.
Mais depuis son départ, des tensions ont éclaté entre les deux femmes. Salimata accusait sa coépouse de bloquer l’argent du loyer.
Le 8 mai 2023, alors que Kadi dormait paisiblement, Salimata aurait profité de son sommeil pour l’agresser à l’aide d’un pilon, lui assénant plusieurs coups au front. La victime a été rapidement évacuée dans un centre de santé et prise en charge aux frais de leur mari. Le certificat médical a relevé une incapacité totale de travail personnel de 10 jours.
Lors de son audition au Parquet, Salimata a déclaré avoir voulu se venger. Elle a rappelé une précédente altercation entre elles, en 2022, alors qu’elle était enceinte, et au cours de laquelle sa coépouse l’avait mordue au niveau de la joue.
Pour le ministère public, il s’agit d’un conflit familial regrettable où la violence a pris le dessus à cause d’une somme dérisoire. Estimant que l’acte devait être sanctionné mais que la prévenue méritait une leçon sans être incarcérée, le parquet a requis six mois de prison et 250 000 F d’amende, le tout assorti de sursis, conformément à l’article 512-18 du code pénal burkinabè.
Le tribunal a suivi les réquisitions du parquet et a condamné Salimata à 6 mois de prison avec sursis et 250 000 F CFA d’amende également avec sursis.
Article 512-18 du Code pénal burkinabè :
Est puni d’une peine d’emprisonnement de deux mois à trois ans et d’une amende de 250 000 F à 2 000 000 F CFA, quiconque, volontairement, fait des blessures ou porte des coups ou commet toutes autres violences de fait, s’il est résulté de ces violences une maladie ou une incapacité totale de travail personnel de plus de 7 jours et de moins de 21 jours.
Justice Infos Burkina
Reveil-info
