3 février 2026
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Découpage territorial ~ La Kossi exige justice et reconnaissance.

Réunies ce samedi 12 juillet 2025 à l’appel du Mouvement Sauvons la Kossi (MSK), les populations ont exprimé avec force leurs inquiétudes face au nouveau découpage administratif. Dans la salle de conférence Pascal Simboro de la mairie de Nouna, une multitude de voix : femmes, jeunes, notables, anciens élus, leaders communautaires , ont plaidé pour une révision urgente du schéma proposé, jugé inéquitable et préjudiciable à leur avenir.

« Nous voulons que la Kossi soit érigée en région », ont martelé les participants venus des quatre coins de la province.

Une population oubliée ?

Koéta Abidina a lancé un appel direct : « Que l’administration respecte et considère notre localité. Même si la Kossi ne devient pas une région, qu’on nous laisse avec Dédougou. »

Mme Kafando, quant à elle, a souligné les risques d’un découpage mal préparé : « Il faut trouver plus vite une alternative pour éviter qu’il y ait plus de problèmes que de solutions. »

Un avis partagé par Mme Konaté, qui s’inquiète particulièrement des conséquences pour les femmes : « Ce sont nous, les femmes, qui paierons le prix fort. En cas de complication de grossesse ou de maladie, c’est nous qui serons les premières victimes d’un éloignement des centres de santé. »

Des propositions concrètes.

M. Traoré Mami Aboubacar, ancien premier adjoint au maire de Nouna, propose une alternative audacieuse : ériger Djibasso en province pour rapprocher la commune de Kombori, située à plus de 110 km de Nouna.
Selon lui, Nouna pourrait devenir chef-lieu de région, regroupant les provinces de la Kossi, Banwa et Djibasso : un scénario réaliste et plus équilibré pour une gouvernance de proximité.

Un découpage qui aggrave l’isolement.

M.Sidibé Hamadou et Sanfo ont tous deux dénoncé l’éloignement imposé par le rattachement de la Kossi à Tougan :
« Nous sommes très éloignés. Ce découpage ne rapproche pas les administrés de l’administration, il les en éloigne davantage. »

M.Sanfo dénonce l’absence de concertation et l’aggravation possible de l’insécurité : « Si l’insécurité est le prétexte de ce découpage, honnêtement, cela risque d’empirer la situation. »

M. Paré, pour sa part, appelle à une révision immédiate : « Ce découpage doit être revu de toute urgence, pour réparer l’injustice ressentie par la province. »

Un territoire à fort potentiel.

Un intervenant prénomant Ladji a rappelé que la Kossi est la plus vaste province de la Boucle du Mouhoun, avec dix communes et une position stratégique.M Fofana Simbou a, lui, évoqué le drame de compatriotes morts faute d’infrastructures sécurisées :
« Nous avons vu nos frères et biens d’autres concitoyens mourir à 55 km à cause de l’insécurité, alors imaginez à plus de 145 km. »

Les intervenants ont plaidé pour une reconnaissance équitable de leur territoire. « La Kossi a tout pour devenir une région : économie, superficie, infrastructures et toutes les ressources nécessaires.Nous sommes prêts à assumer cette responsabilité historique et administrative »

Une mobilisation générale

Tous les participants à la rencontre ont convenu d’une chose : aucune piste ne sera négligée pour porter leurs revendications aux plus hautes autorités. Ils assurent ne nourrir aucune jalousie vis-à-vis du Sourou, nouvellement promu région :
« C’est une avancée pour le pays. Mais nous réclamons le même traitement pour la Kossi. »

Conclusion partagée : la province de la Kossi refuse de rester à la marge de la République. Elle veut être une région, à la hauteur de son histoire, de son peuple, et de ses ambitions.

Madi Sidparaadyé Kébré
Burkinaweb.net

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