AIB : Pourquoi avez-vous décidé de prendre fait et cause pour le Chef de l’État et son gouvernement depuis son accession au pouvoir en 2022 ?
IM : Parce qu’il faut avoir perdu tout sens de l’honneur pour rester neutre quand un homme jeune, sans fortune, sans clan, décide de livrer sa vie pour que son peuple revive. Ce n’est pas un président, c’est un insurgé, un veilleur, un fils qui a repris la machette là où les aînés l’avaient laissée. J’ai pris position parce que le silence aurait été une trahison. Parce qu’il représente cette Afrique qu’on croyait disparue : courageuse, incorruptible, enracinée.

AIB : Quels sont vos rapports avec d’autres figures engagées dans la même dynamique que vous, notamment Nathalie Yamb, Kemi Seba, et d’autres personnalités panafricanistes ?
IM : On ne se parle pas tous les jours, mais on sait qu’on appartient à la même veine. Il y a du respect, de l’écoute, parfois des désaccords, et c’est sain. Ce qui nous relie, c’est la douleur de l’Afrique et la colère que cette douleur engendre. On ne cherche pas la lumière, on cherche à rallumer le feu. Le reste n’est que détail.
AIB : Vous considérez-vous comme un panafricaniste ou plutôt comme un défenseur de l’Afrique et du Burkina Faso ?
IM : Je n’ai jamais mis d’étiquette sur mon front. Je suis né dans le sable entre Gao et Falagountou, j’ai grandi entre des peuples qui n’avaient pas besoin de frontières pour se sentir unis. Alors si être panafricaniste, c’est refuser que le sang de Bamako vaille moins que celui d’Abidjan, alors oui, je le suis. Mais mes actes parleront toujours plus que les mots.
AIB : Quel est le sens de votre engagement depuis que vous avez été révélé au grand public burkinabè, notamment à partir de 2015, à travers vos prises de position dénonçant les mauvaises pratiques au sommet de l’État et alertant sur les menaces terroristes ?
IM : C’est un cri que je porte depuis longtemps. Un cri contre la trahison des élites, contre l’aveuglement volontaire, contre l’oubli. En 2015, beaucoup faisaient encore semblant de ne pas voir venir le feu. J’ai crié. On m’a ri au nez. Aujourd’hui, les mêmes cherchent des extincteurs. Ce combat, je l’ai engagé par instinct, par loyauté à la terre qui m’a élevé, et je le poursuivrai tant qu’elle ne sera pas libre.
AIB : Comment appréciez-vous l’évolution de la lutte que vous menez aux côtés des forces de transformation sociale et politique en Afrique ?
IM : Elle avance, avec des pas lourds mais déterminés. Ce n’est pas une révolution de salons, c’est une reconquête qui coûte des vies. Mais chaque paysan qui refuse de fuir, chaque élève qui comprend pourquoi il faut rester, chaque militaire qui tombe sans vendre sa cause, me dit que cette lutte n’est pas vaine. Elle change les cœurs avant de changer les lois.
AIB : Selon vous, qu’est-ce qui peut expliquer que certains Burkinabè se dressent contre leur propre pays en soutenant les terroristes, alors que l’unité nationale devrait primer en cette période critique ?
IM : Le vide. Le vide créé par l’abandon, par l’humiliation, par le mépris. Quand un jeune ne se sent ni écouté ni utile, il devient vulnérable à la haine. Ce n’est pas une excuse, mais c’est une explication. Certains ont été vendus par leurs propres frères bien avant d’être enrôlés par l’ennemi. Il faudra du temps pour réparer cela. Mais il faut commencer par dire la vérité.
Source : AIB
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