À l’occasion de sa réunion du samedi 13 juillet 2024, le Cadre restreint de Générations et Peuples Solidaires (GPS) s’est intéressé à plusieurs sujets marquants de l’actualité socio-politique internationale et nationale. (EXTRAIT)
Des accusations portées par le Burkina Faso contre la Côte d’Ivoire
Le Capitaine Ibrahim Traoré, Président de la Transition au Burkina Faso, Chef de l’État, au cours d’une rencontre avec les forces vives de la nation le jeudi 11 juillet 2024, a formulé des accusations alarmantes et directes contre l’actuel Gouvernement ivoirien. Il a affirmé en substance qu’un centre des opérations visant à déstabiliser son pays était établi en Côte d’Ivoire. Il dit détenir des preuves solides et irréfutables pour étayer ses affirmations. La récurrence et la gravité de telles accusations suscitent préoccupation et inquiétude au sein des populations.
Le Cadre restreint de GPS s’est donc penché sur la matière pour tenter d’en saisir les tenants et les aboutissants. La sensibilité et la délicatesse du sujet nous imposent de l’appréhender avec beaucoup de maturité, au regard des liens historiques et séculaires qui unissent nos deux pays. Aussi, force est de reconnaître que l’actuel Gouvernement ivoirien s’est visiblement éloigné de ce que fut la seconde religion de feu le Président Félix Houphouët-Boigny, à savoir le dialogue, et n’a pas toujours su en faire bon usage. De sorte qu’il faut apprécier les propos accusatoires du Président de la Transition burkinabè à l’aune de la posture, à bien des égards, belliciste du président Alassane Ouattara vis-à-vis de son pays et des initiatives malheureuses du Gouvernement ivoirien en direction des pays de la Confédération des Etats du Sahel.
En effet, il est incontestable que le Président Alassane Ouattara et son Gouvernement ont été à l’avant-garde des sanctions illégales et illégitimes qui ont frappé durement les pays membres de la Confédération des États du Sahel. Fermeture des frontières, interdiction de commercer, confiscation des avoirs de ces pays à la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) pour disloquer leurs économies, blocus terrestre et aérien, même les médicaments à destination de ces pays étaient soumis à un embargo. Ces sanctions inhumaines ont causé larmes et désolation au sein des populations de ces États.
Pis, le Président Ouattara s’est proposé d’envoyer deux bataillons de l’armée ivoirienne, sans autorisation du Parlement, pour faire la guerre au Niger. Peut-on, dès lors, être surpris du ressentiment des peuples du Mali, du Burkina Faso, du Niger et de leurs dirigeants vis-à-vis de notre pays ? N’avons-nous pas objectivement créé cet environnement d’hostilité et de belligérance avec nos voisins ?
C’est pourquoi, GPS estime qu’il incombe au Gouvernement actuel de respecter la souveraineté de ces États et de renouer avec le traditionnel dialogue ivoirien, afin de rétablir des relations réellement fraternelles et d’apaiser le climat politique avec les pays de la Confédération des États du Sahel. Autant le Président Ouattara a mis force énergie à quereller et à sanctionner ces États, autant il devrait s’activer avec la même énergie pour renouer le dialogue et faire la paix. Il ne peut y avoir aucune autre alternative.
✓ D’une éventuelle base militaire américaine à Odienné dans le nord-ouest de la Côte d’Ivoire
Des informations révélées par la presse portent à croire que la Côte d’Ivoire aurait accepté l’installation d’une base militaire américaine près de la ville d’Odienné, dans le nord-ouest du pays. Des sources diplomatiques affirment que le Gouvernement ivoirien aurait acquiescé à l’installation de ladite base militaire lors de la rencontre du 29 avril 2024 entre le Président Ouattara et le Général Michael E. Langley, Commandant du Commandement militaire des États-Unis pour l’Afrique (AFRICOM). Il est à noter qu’avant le Général Langley, le Secrétaire d’État américain Antony Blinken avait également été reçu par Alassane Ouattara, pour préparer le cadre politique de ce déploiement. Interrogé sur la réalité de ce projet de redéploiement, le Gouvernement ivoirien a choisi de ne pas répondre, ajoutant au trouble et à la confusion sur cette question sensible qui touche à la sécurité nationale et sous-régionale. Il faut observer que les troupes américaines, contraintes de se retirer du Niger par les nouvelles autorités de ce pays, cherchent un pays d’accueil. Le Tchad, à son tour, a exigé le départ de l’armée américaine de son sol. Un temps, il fut envisagé un redéploiement au Sénégal. Mais, les États-Unis y renoncèrent en raison de la posture souverainiste des nouvelles autorités sénégalaises.
GPS interpelle le Gouvernement ivoirien sur la question. Le Peuple ivoirien a le droit de savoir et de connaître la vérité sur ce qu’il en est de ce dossier. GPS en appelle aux députés de la nation afin qu’ils se saisissent de cette question pour faire la lumière sur ce qui pourrait être un accord militaire nébuleux, compromettant et contraire aux intérêts de la nation……
Fait à Abidjan, le 16 juillet 2024.
Le Cadre restreint de Générations et Peuples Solidaires (GPS)
