6 février 2026
Home » Retour sur la passé- Burkina: 17 mai 1983

17 mai 1983
L’unique soudeur de Pô a participé à la résistance
____

Les jours qui ont suivi le 17 mai 1983, Blaise Compaoré a pu rejoindre ses commandos grâce à son chauffeur le sergent-chef Hamidou Maïga. Il organise la résistance autour d’un officier le lieutenant Gilbert Diendéré son adjoint, Tibo Ouédraogo, Karim Tapsoba qui sous le Conseil national de la Révolution (CNR) a été régisseur de la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou (MACO) et de Sigué Askia Vincent.

Le journaliste Mohammed Maïga leur complice passait par la frontière ghanéenne pour des séjours avec les mutins à Pô. Souvent au domicile de Blaise Compaoré on le voyait jouer à la belotte avec les soldats. Les armes libyennes convoyées du Ghana pour certaines ont besoin de service d’un soudeur. Sigué Askia Vincent commet Honoré Ouédraogo l’unique soudeur de Pô pendant la période à la tâche. Son travail a consisté à fixer les DCA sur les véhicules militaires pour plus d’efficacité dans les tirs. Il s’exécute mais n’attendra que des mois après le triomphe de la Révolution pour être payer.

A Pô les militaires du Centre national d’entrainement commando (CNEC) ont su établir les solides relations avec la population surtout sa frange jeune grâce au futur leader de la Révolution d’août 1983 quand il assurait le commandement du centre militaire. A l’installation du capitaine Blaise Compaoré comme son successeur, il lui transféré cette amitié lors d’une réunion qu’il tient avec les jeunes. « Cet officier qui est désormais le patron des militaires d’ici répond de moi comme je réponds de lui. » Avait semble-t-il dit. Pendant la résistance, un jeune de l’époque va être plus proche de Blaise Compaoré. Pourquoi ce privilège ? Quand Thomas Sankara était commandant du CNEC, il souffrait de maux de ventre qui souvent le constipait. Malgré les soins chez les médecins le mal persistait. Un jour il aperçoit un vendeur des produits des tradithérapeutes ghanéens.

Il le fait appeler et le vendeur de « Bonjean » c’est ainsi qu’on désignait le produit, lui explique comment le médicament se prenait et l’effet qu’il pouvait faire. En cas de la persistance d’une diarrhée, le « pharmacien » ambulant a indiqué l’antidote. Le patron des soldats de Pô suit l’indication mais oublie l’antidote. Après avoir avalé le produit qui était fait à base de comprimés. Il s’invite plusieurs fois dans les toilettes sans que le besoin d’y aller ne s’arrête. Il fait chercher Gomgnimbou Sidi Abi, le vendeur de « Bonjean ». Quand on a mis la main sur lui et il a renouvelé l’indication de l’antidote, de 3 carreaux du sucre au capitaine Thomas Sankara et le besoin d’aller au petit coin s’est estompé. Le petit incident clos, Gomgnimbou Sidi Abi devient un ami au commando en chef du CNEC.

Sous le Comité militaire de redressement pour le progrès national (CMRPN) quand Sankara a été nommé Secrétaire d’Etat à l’Information, il le prend comme correspondant de presse à Pô puisque c’était un lettré. Ce Gomgnimbou Sidi Abi va pendant la résistance être chargé par Blaise Compaoré à des missions auprès de certains partenaires civils et militaires à Ouagadougou. La frange jeune qui est acquis à la cause des mutins est dissuader par les parents de ne pas se mêler de cette affaire qui est le fruit d’une contradiction entre militaires.

Le pouvoir de l’époque, le CSP2 envoie une mission tenir ces propos aux notables qui les ont transmis aux chefs de familles. Mais les jeunes ou la fraction qui n’avait d’yeux que pour Thomas Sankara et Blaise Compaoré n’en n’ont cure. Ils sont restés derrière Blaise Compaoré et ses commandos jusqu’au matin du 4 août 1983. Dans la matinée du 4 août 1983, Blaise Compaoré fait réquisitionnés les camions d’une entreprise canadienne, Lavalin qui construisait la route Pô-Gomboussgou, pour convoyer les commandos à Ouagadougou. Vers 10 heures les militaires embarquent dans les camions couverts des bâches mais avant ils se présentent en ville chacun attachant un brassard rouge sur le bras.

La ligne téléphonique Pô- Ouaga coupée par leur soin. A leur départ ils reçoivent des ovations de la population sortie spontanément pour les soutenir. Lors d’une longue interview, le journaliste Mohammed Maïga a évoqué les événements du 17 mai 1983 et la résistance de Blaise Compaoré et ses commandos avec le président Thomas Sankara après la victoire du 4 août 1983. Le capitaine Sankara répond à sa question

« Vous devez une « fière chandelle » à Blaise Compaoré. T.S. — Absolument. Je ne doutais pas de sa réaction dès l’instant où il avait pu regagner Pô. Il ne pouvait en être autrement. Par la suite, après ma libération, nous en avons souvent parlé. Tantôt sur un ton de plaisanterie, tantôt comme simple hypothèse d’école et, maintenant, comme une grande leçon de camaraderie et de réussite à méditer sur le plan militaire. C’est une situation que nous avons eu à envisager plus d’une fois pour l’unité de Pô dans les divers exercices que nous avons menés ensemble. Mais pas dans le cas de figure survenu après le 17 mai. C’était tout à l’honneur de Blaise, de ses hommes et de leurs appuis de par le pays d’être venus à bout d’une situation imprévue.

Je lui dois une « fière chandelle », comme vous dites. Je la dois aussi à l’ensemble des forces patriotique nationalistes. Mais surtout à la grande majorité du peuple voltaïque, dont l’appui a constamment été un réconfort inestimable. »

Nous tenons toutes informations d’un acteur clé de la Révolution à Pô. Il s’agit de Gomgnimbou Apekira. Il a été l’interprète du président Thomas Sankara en Kassena pendant ses séjours à Pô sous la Révolution durant les 4 années du processus Révolutionnaire. Apekira pendant plus de 10 ans d’enquête journalistique que nous avons mené sur la Révolution au compte des journaux pour lesquels nous avons travaillé, nous a toujours été d’un précieux soutien et n’avait jamais hésité à nous ouvrir des portes des gens qui hésitaient à réagir à nos questions sur l’éphémère Révolution qui n’a tenu que 4 petites années.

On l’appelait le dernier des Askia. Il était l’ange gardien du président Thomas Sankara. Après le 15 octobre 1987, il a été tué Ziou à deux kilomètres du territoire ghanéen pendant qu’il était en fuite. Il a paraît qu’ il avait été dénoncé par un CDR acquis à l’époque à Blaise Compaoré. Sigué par-ailleurs était pressenti pour diriger la FIMAT, la force qui devait assurer la sécurité des institutions au Burkina.

Merneptah Noufou ZOUGMORÉ

Archives Burkina

Reveil-info

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

error: Content is protected !!