« À sept mois de l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire, la seule question qui me taraude et qui m’empêche de regarder l’horizon sereinement est la suivante : finalement, à quoi a servi la rébellion de 2002 ?
À quoi a servi ce carnage, si c’est pour entendre et revivre, vingt-trois ans après, les mêmes discours d’exclusion, les mêmes haines recuites, les mêmes mensonges éhontés, les mêmes invectives xénophobes entre Ivoiriens ?
Étonnant peuple sans mémoire, peuple de revanchards, qui se ment perpétuellement à lui-même et qui justifie le présent par le passé, sans tirer aujourd’hui la moindre leçon de ses erreurs et de ses errements d’hier.
Étonnant peuple guidé par des politiciens qui sont, somme toute, à son image. Si nul ne peut nier leurs qualités intrinsèques d’hommes d’État, force est de constater qu’ils se sont beaucoup fourvoyés dans des guérillas politiques qui durent depuis maintenant plus de trente ans.
Qui a tiré le premier ? Un jour, l’Histoire nous le dira. Henri Konan Bédié (paix à son âme) a ouvertement reproché à Alassane Ouattara d’avoir manoeuvré avec Philippe Yacé pour l’empêcher de succéder au président Félix Houphouët-Boigny en 1993. On a vu jusqu’où ses décisions nous ont conduits ensuite.
De la même façon, Alassane Ouattara en a voulu à Laurent Gbagbo, qui a cautionné son exclusion de l’élection présidentielle de 2000, puis a manoeuvré pour l’écarter définitivement, avant d’être contraint de le réintégrer dans le jeu politique.
Eh oui, c’est le bout du bout de tout cela que l’on paie encore aujourd’hui, au risque d’hypothéquer l’avenir de tous ces jeunes Ivoiriens, dont la grande majorité n’était pas née lorsque cette guerre des trois a débuté.
Dans un pays où personne n’est politiquement irréprochable et où tout le monde a le mot « pardon » facilement à la bouche, il faudra bien pourtant qu’un jour on remette les compteurs à zéro, pour prendre enfin un nouveau départ. Les uns avec les autres… »
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Source:Zonepresse
