Home » L’hommage de Cyrille Ouédraogo, écrivain aux journalistes burkinabè : « Espérant que Son Excellence Rimtalba de la primature ne sera pas indifférent, qu’il nous soit permis de l’appeler avec son gouvernement à prendre soin de la sécurité de ses confrères… »
L’hommage de Cyrille Ouédraogo, écrivain aux journalistes burkinabè : « Espérant que Son Excellence Rimtalba de la primature ne sera pas indifférent, qu’il nous soit permis de l’appeler avec son gouvernement à prendre soin de la sécurité de ses confrères… »
Les débuts d’années nous confèrent l’honneur de porter à la connaissance de la galaxie médiatique la joie profonde et l’enthousiasme que nous éprouvons à formuler le message éloquent sur les vœux les plus chers. A chaque journaliste, nous souhaitons une année normale de santé, de longévité, de succès et de bonheur dans la stabilité ; que 2025 nous apporte des conditions meilleures d’opulence et d’abondance dans la paix solide !
La place de choix que le quatrième pouvoir occupe et les bienfaits qui en découlent contribuent nettement à la perfection institutionnelle de la république et nous oblige à ce discours. Norbert Zongo n’est-il pas une illustration exemplaire ? Ses assassins ont voulu passer par nous-même Cyrille pour perpétrer son élimination physique. Le comportement sincère nous a fait refuser toute forme de complicité. Souvent deux, on pouvait un jour nous butter ensemble mais nous n’avons pas cessé des visites. Malgré les menaces, nous n’avons pas renoncé au respect et à l’amitié innocente envers lui. C’est sous l’égide du souvenir amer de ce grand journaliste aux ambitions bénéfiques pour son pays et l’Afrique que nous tâchons de saluer la fonction de toutes les radios, les télévisons et les organes de la presse écrite qui bravent les dangers pour tenir la domination de la vertu, de la vérité, de la transparence.
Espérant que Son Excellence Rimtalba de la primature ne sera pas indifférent, qu’il nous soit permis de l’appeler avec son gouvernement à prendre soin de la sécurité de ses confrères du quatrième pouvoir et à garantir la promotion de la liberté d’expression ; si la conquête de la paix est une préoccupation majeure dans tous les coins et recoins de la terre, sa sœur siamoise qu’est la sécurité devrait être aussi effective pour les journalistes comme pour tous de toutes les couches sociales. C’est la raison pour laquelle, Norbert Zongo nous avait invité à la création de la LDLP : Ligue pour la Défense de la Liberté de la Presse.
La transition par son idéologie humble et exemplaire offre un soulagement aux orphelins. L’honorable capitaine Ibrahim Traoré est une personnalité illustre pour l’attention respectueuse qu’il prête à la pléiade médiatique, il attire de ce point de vue, sur lui, une salve de salutations. Il en est de même pour le conseil supérieur de la communication ; les autorités de cette instance ont montré la considération élevée qu’elles ont pour l’anniversaire de l’assassinat en se rendant au siège du centre national de presse Norbert Zongo. Cyrille a demandé un matin : « Est-ce qu’on ne va pas vous tuer ? » Et Norbert a donné la réponse d’un homme fort épris de justice sociale et de l’amour pour son prochain et pour la patrie. Cela nous rappelle les ordres barbares du général Gilbert Diendéré, maintes fois, ses tireurs d’élite ont tenté impitoyablement de m’abattre de distance. On est obligé de prendre le mur ou de fuir jusqu’à perdre les chaussures en courant. Il a raison, il ne faut pas tuer son semblable, la vie est sacrée et il ne faut pas ôter celle de l’autre. L’absence irréparable de ce martyr est une perte béante. Tôt ou tard, le bourreau de la victime serait présenté au procès pénal. François Compaoré est confronté à la hantise du fantôme qui demande des explications aux heures de sommeil et qui l’empêche de dormir correctement. C’est infernal, cette suite d’insomnies. En faisant tuer le directeur de l’Indépendant, il a pris le goût de se moquer de la liberté des confrères de celui-ci. En dépit de la carapace des astuces arbitraires et des alibis aux confusions judiciaires qui le couvrent sous la voûte céleste européenne, son sort est collé à sa peau, ça lui pend au nez, il a les mains tachées aux caillots de sang perlant sur les paumes et les dos et il devra répondre de son orgueil extrémiste, voire terroriste.
La liberté fait partie des cinq piliers des nations qui aspirent au changement plein d’essor. Elle constitue une valeur essentielle à ne pas violer ou profaner par meurtre. Prépondérante, les puissantes entités pour se développer sont passées par là. Il est souhaitable que le Burkina en soit un pôle de référence et répande l’image éclatante d’une école séduisante.
En 1787, Thomas Jefferson déclare : « S’il me revenait d’avoir à choisir entre un gouvernement sans journaux ou des journaux sans gouvernement, je n’hésiterais pas un instant à opter pour la seconde solution. » La liberté a un écho ramifié et son caractère universel explique sa spécialité constructive. On ne peut pas prétendre à la réussite collective sans sa participation exclusive. Au Burkina, la liberté de presse ne doit pas être au service de l’impérialisme qui utilise en marionnettes les serfs locaux pour semer la zizanie et attiger les scènes de discorde incendiaire. Nous saluons, en ce sens, le courage et la précision de notre ami suisse. Vice-président du conseil consultatif de l’Onu, la personnalité distinguée de ce fonctionnaire international émet des signaux sincères de compassion immense à propos du terrorisme en flagrante infraction criminelle au Burkina. Le livre qu’il nous a expédié depuis Genève s’indigne de la longue injustice de certains Etats sur d’autres, à l’instar d’une mare où les grands silures phagocytent les blanchailles. Vénérable Jean Ziegler ! Homme de bonne foi, sa volonté et sa promesse itératives, malgré l’obstacle du grand âge, en quel jour de l’année prendra-t-il enfin le vol par un avion qui le conduira sur le monument de Thomas Sankara et à la présidence ? Cette visite réanimera notre proposition d’écrire sur l’actuel président, son Excellence capitaine Ibrahim Traoré. Jadis fréquent au Burkina, dans un livre qu’il a publié sur le chef charismatique de la révolution d’août 83, le sage Jean Ziegler dit de Sankara : « Les tribunaux révolutionnaires commencent à fonctionner le 3 janvier. Sankara craint le dérapage. Il ne veut ni haine ni vengeance, tout juste la fin de la corruption. Il sait que le danger le plus immédiat est la diffamation de son expérience par la presse occidentale. » Certes, la presse étrangère est capable du double vice de la désinformation et de l’intoxication, mais la presse du terroir devra, désormais, faire preuve de probité et de déontologie pour ne pas emboîter le pas et compromettre le sens de la maturité professionnelle. Les traîtres ont tort, les complices ne sont pas rémissibles. L’on est mesquin en se laissant tirailler, une bonne plume est un instrument idéal pour la paix et le développement ; à l’opposée, elle est macabre et coupable des desseins inavouables au préjudice des intérêts incontournables de son époque. L’on n’est grand que par le dévouement et la soumission au sentiment de patriotisme avéré. La grandeur du Burkina et la densité de la prospérité dépendent étroitement de la pratique judicieuse et pertinente des mass-médias. De tout cœur, nous saluons cette partie intégrante de l’intelligentsia. En trompette, nous disons : Vivent les journalistes, heureuse année à eux tous, sans convulsions ni tribulations !