Une anecdote : La conférence de Berlin fut convoquée de novembre 1884 à février 1885. À cette conférence fut décidé le partage systématique de l’Afrique et l’installation de façon durable de la colonisation de l’Afrique. On raconte qu’à la table du partage, un des participants s’est accaparé de plusieurs territoires de l’ouest, du Centre et du nord de l’Afrique. Certains participants étonnés de cette voracité lui demandaient ce qu’il allait faire avec tous ces territoires à lui seul. Sa répondre : “il faut toujours prendre, encore prendre, prendre sans cesse sans savoir exactement ce qu’on va en faire. Retenez cela, c’est important”.
Le procès de l’affaire de détournement de plus 3 milliards qui se déroule actuellement au palais de Justice avec les révélations et autres aveux et “exhibition” des biens d’un des prévenus, Teignan Amidou, pour ne pas le nommer, nous rappelle ce vieux blanc de la conférence de Berlin qui conseillait qu’il faut toujours “prendre, encore prendre, prendre sans cesse …”. En effet, on tombe des nues quand on apprend que c’est pratiquement en 2020 que le principal accusé a commencé à “pomper” les deniers publics et tout se passait comme une lettre à la poste, sans que les structures internes et externes de contrôles ne puissent mettre à la main sur lui et ses complices. Il faut avouer qu’en matière d’argent, le principal prévenu dans cette affaire a une voracité sans limite et ne lésine pas sur les moyens pour atteindre son objectif. Dans la dynamique de cette voracité, il certain que des manutentionnaires, des déplacés internes, des veuves et des orphelins ont dû payer le prix fort. Avec de telle personne, pas de place pour la pitié, la morale, l’éthique, Dieu et autres mots qui empêchent de voler “tranquillement”. A suivre ce procès, on ne peut que donner raison au président du Faso, le Capitaine, Ibrahim Traoré. En effet, à la sa prise du pouvoir, il a rencontré les forces vives de la nation notamment les acteurs politiques le 13 novembre 2022. A cette rencontre, le Président de la transition n’est pas passé par quatre chemins pour dépeindre la situation actuelle du Faso ainsi que les défis qui l’attendent. « La responsabilité incombe à tous et à toutes… Le pays n’est pas pauvre, c’est parce qu’on est méchant entre Burkinabè, on est méchant entre nous ! », avait fait comprendre le Capitaine Traoré. Et d’ajouter que « nous sommes tous coupables de cette situation ». Il n’a pas manqué d’ajouter que la solidarité est en train de disparaitre au Burkina Faso et il urge de le reconnaître et de se serrer les mains… « Inch’Allah, je pense qu’on va y arriver », foi du Président de la transition le 13 novembre 2022. Avec ce qui se passe actuellement au Palais de justice, les propos du président du Faso résonne toujours comme si c’était hier. Au Burkina Faso, on est vraiment méchant entre nous et c’est cela qui explique en partie la situation peu enviable que nous vivons depuis plusieurs années. Quand un fonctionnaire burkinabè se permet de détourner des millions voire des milliards à des fins personnelles tout en sachant à quoi ou à qui sont destinés cet argent, si ce n’est de la méchanceté, c’est de la sorcellerie, du sadisme ou de la nécrophagie pour ne pas dire plus. Nous n’exagérons pas ! Comme dirait l’autre, l’affaire Tiegnan et autres n’est d’ailleurs que la partie émergée de l’iceberg… dans l’administration publique et autres institutions, ils sont certainement nombreux les Tiegnan. Certains se souviennent sans doute de l’histoire de cette institution où lorsque le président de l’institution revenait d’un voyage à l’extérieur, il était établi des ordres de missions. Ceux et celles qui devaient accueillir le “Boss” à l’aéroport de Ouagadougou avaient donc des frais de mission.
Il se susurre d’ailleurs que certains responsables des services financiers ont commencé à avoir le sommeil trouble. Si certains, tous les samedis et dimanches ne sont pas dans les villages à la recherche d’un bon “ wackman”pouvant faire disparaitre des traces. Ce qu’ils oublient est que la justice est un puissant “contre-wack”. Le sieur Teignan ne dira pas le contraire, lui qui immolait chaque Week-end des beaufs et autres chameaux faciliter ses sales besognes. Quand on suit le procès et les visages “tabulaires” des accusés et autres témoins face au monde entier, on imagine qu’aucun père de famille ne souhaite être à leur place. Alors pour ne pas être à leur place, vivons simplement, vivons humblement, ayons une certainement morale et vivons à la sueur de notre front. Ne soyons pas comme les Tiegnan et autres. Ne soyons pas comme ce vieux blanc qui s’est accaparé de plusieurs territoires en Afrique en 1884-1885 sans savoir réellement ce qu’il allait en faire. Soyons simplement Burkinabè ! C’est mieux !
