3 février 2026
Home » TRIBUNE  : QUELLES POLITIQUES PUBLIQUES POUR SAUVER LES ENTREPRISES DANS CE CONTEXTE DE CRISE SÉCURITAIRE AU SAHEL?

La survie de beaucoup de petites et moyennes entreprises (PME) est en jeu alors que les effets dévastateurs de la crise sécuritaire sur les économies des pays du Sahel continuent de se propager. De quel type de politiques a-t-on besoin pour empêcher ces entreprises de fermer, en détruisant en même temps des millions d’emplois et la sources de nos recettes fiscales, base de nos recettes propres ou endogènes?

Les PME représentent environ 80% du tissu économique des pays du Sahel dont notre pays, le Burkina Faso. Leur rôle vital est en danger avec les conséquences sans précédent de la crise sécuritaire qui dure depuis 8 ans maintenant en ce qui concerne le Burkina. Aujourd’hui, force est de constater que nous sommes confrontés au risque réel de voir cette situation s’empirer si des mesures urgentes de mitigation ne sont pas prises.

Ces mesures doivent concerner à la fois les unités économiques formelles et informelles. Il s’agit d’une opportunité pour que toutes les unités économiques ressortent du choc en étant mieux intégrées dans l’économie du marché et à même de supporter les éventuels chocs endogènes et exogènes futurs. C’est un cercle vertueux que ces mesures permettront de créer car ces unités économiques sont la base de notre économie (donc de nos recettes fiscales) pour financer les secteurs sociaux et l’investissement publique.

QUELQUES PISTES DE SOLUTIONS

Pour ce faire, il est essentiel d’avoir une combinaison d’une volonté forte des gouvernants et d’un dialogue avec le secteur privé pour que les mesures à mettre en œuvre soient co-construites et reposent sur une cohérence et une efficience claires. Cela peut débuter par l’élaboration d’une note de conjoncture ou un rapport d’analyse issu d’une étude circonstanciée.

Nous ne pouvons pas continuer à faire l’économie de la mise en place d’un plan spécial de sauvetage des PME; sinon nous scions nous même la branche sur laquelle repose notre économie. C’est une question vitale pour notre pays. Des mesures spécifiques suivantes peuvent être envisagées :

La création de Zones Economiques Sécurisées ( ZES)

Ce seront des zones économiques spéciales fortement sécurisées où les entreprises peuvent opérer en relative sécurité dans chaque chef-lieu de région, puis de province et ainsi de suite. Cela nécessite la conception d’un programme spécial d’investissement public et privé. La crise doit nous inspirer des schémas nouveaux et durables de l’aménagement du territoire.

La facilitation de l’accès au crédit

Notre pays doit œuvrer avec les institutions financières pour garantir des prêts et faciliter l’accès au crédit pour les entreprises en difficulté. Cela peut se traduire par la renforcement des fonds de garantie existants ou la création d’autres fonds de garantie pour permettre aux PME d’emprunter avec les institutions financières. Les aides sont aussi des solutions souvent réclamées mais la situation des finances publiques le permettent t-elle ?

Élaboration d’un programmes de formation spéciale

Nos gouvernants , assistés par les structures d’appui au secteur privé, telles le Conseil National du Patronat Burkinabè ( CNPB) et la Chambre de Commerce et d’Industrie ( CCI-BF)!devrait mettre en place des programmes de formation pour améliorer les compétences des entrepreneurs et des employés, favorisant ainsi l’innovation et l’adaptation à un environnement difficile.

Élaboration d’une politique de diversification de l’Économie

Un encouragement à la diversification des activités économiques pour réduire la dépendance aux secteurs particulièrement vulnérables en temps de crise doit être envisagé. Il faut également encourager davantage au développement de l’agriculture, de l’industrie agroalimentaire et

de l’industrie pharmaceutique. Notre trop grande dépendance a l’importation des produits de grande consommation nous maintient depuis longtemps dans une économie extravertie qui est un frein au développement endogène.

Création d’Infrastructures résilientes

Il est nécessaire d’investir dans des infrastructures résilientes qui peuvent fonctionner même en période de crise, comme des systèmes énergétiques autonomes. Notre pays doit renforcer la promotion de l’utilisation de la technologie pour améliorer la résilience des entreprises, par exemple en favorisant davantage le commerce en ligne et le développement d’applications métiers dédiées.

Etc..

Ces mesures combinées peuvent aider à atténuer les impacts de la crise sécuritaire sur les entreprises privées et favoriser un environnement économique plus stable et résilient dans notre pays.

NB : Cette tribune reste une contribution libre, une opinion d’un citoyen avec ses limites objectives mais un citoyen juste animé par son devoir de citoyen. Elle n’a pas la prétention d’être une parole d’évangile, heureusement ! C’est peut-être même de très mauvaises idées ! Qui sait !

Garder le cap et rester nous même c’est cela l’essentiel car chacun donne ce qu’il a.

Dr Harouna KABORE, Ancien ministre, chef d’Entreprises 

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