3 février 2026
Home » Tribune du Dr Harouna Kaboré-LE CHEF D’ENTREPRISE ET LES CRISES SOCIO-ECONOMIQUES ACTUELLES (2ème PARTIE)

La Tribune de ce jour est la deuxième partie du traitement de la thématique ci dessus. « Dans le cas particulier des pays du Sahel, quelles sont les pistes à explorer par les chefs d’entreprise afin que leurs entreprises continuent de jouer leurs rôles dans le développement économique ? », telle était la question à laquelle je m’étais engagé à apporter des réponses possibles.
Pour se réorganiser concrètement face aux crises sécuritaire, économique et politique, les entreprises des pays du Sahel peuvent adopter les mesures suivantes :
– Évaluation des risques et planification stratégique
Cela doit se traduire par la réalisation d’une analyse approfondie des risques sécuritaires, économiques et politiques spécifiques à leur secteur et à leur localisation géographique. Cette évaluation peut déboucher sur la mise en place ou à l’actualisation de leur plan de continuité des activités (PCA) qui inclut des scénarios de crises et des plans d’urgence détaillés. Il faut veiller à former le personnel à la gestion de crise, à la sécurité et à la résilience en faisant la promotion d’une culture de l’adaptabilité et de l’innovation. Les chefs d’entreprise doivent être prêts à adapter des stratégies et des opérations en fonction des nouvelles informations et des changements de contexte.
– Réorganisation structurelle
En fonction de la taille de l’entreprise, il peut être utile de réduire la centralisation des opérations pour éviter que les crises dans une région n’affectent l’ensemble de l’entreprise. Pour ce faire, une adoption d’une structure organisationnelle flexible qui permet des ajustements rapides en fonction des circonstances changeantes peut s’avérer utile.
– Diversification et expansion des marchés
Certains secteurs d’activités sont particulièrement sinistrés du fait des crises; alors une diversification des produits et services peut aider à réduire la dépendance à un seul secteur. Le chef d’entreprise peut aussi explorer de nouveaux marchés, à l’intérieur et à l’extérieur du pays, pour répartir les risques économiques et politiques.
– Engagement communautaire et responsabilité sociale
L’impact et les conséquences des crises sur le plan social exigent des entreprises un investissement dans des projets communautaires pour renforcer la cohésion sociale et réduire les tensions. Cela peut inclure des initiatives en matière d’éducation, de santé, et de développement local. La Responsabilité Sociale de l’entreprise ( RSE) doit se manifester davantage.
– Dialogue des structures d’appui au secteur privé avec les autorités
Les organisations professionnelles des entreprises ou les structures d’appui au secteur privé doivent se donner les moyens de renforcer le dialogue économique avec les autorités compétentes pour renforcer la confiance et la coopération, pour améliorer le climat des affaires et pour la prise d’éventuelles de mesures ou de réformes adaptées au contexte et pour préparer l’avenir post-crises .
En mettant en œuvre ces mesures de manière concrète, les entreprises du Sahel peuvent se réorganiser efficacement pour faire face aux défis actuels et se préparer à un avenir plus stable et prospère. L’avenir se prépare aujourd’hui, l’après crise se conçoit aujourd’hui.
Dr Harouna KABORE

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