3 février 2026
Home » Abdoulaye Diop, ministre des affaires étrangères du Mali : « Certains terroristes du nord du Mali ont confirmé leur coopération avec l’Ukraine, cela nous préoccupe beaucoup »

Face aux présumées coopérations entre l’Ukraine et des groupes terroristes dans le nord du Mali, les autorités maliennes tirent la sonnette d’alarme. Le ministre des Affaires étrangères du Mali, Abdoulaye Diop, a déclaré, hier 9 novembre 2024, que des contacts avaient été confirmés entre des éléments terroristes maliens et l’Ukraine, une situation jugée « très préoccupante ».

Dans une interview accordée à l’agence de presse russe TASS, Diop a dénoncé les implications étrangères dans la déstabilisation du Sahel. « Récemment, certains terroristes du nord du Mali ont également confirmé leur coopération avec l’Ukraine. Cela nous préoccupe beaucoup », a-t-il affirmé, ajoutant : « Nous avons été surpris qu’un membre de l’ONU puisse ouvertement déclarer coopérer avec des groupes terroristes pour déstabiliser un pays ».

Le ministre malien s’interroge également sur les motivations de l’Ukraine. « Alors que l’Ukraine affirme qu’elle est elle-même victime d’une agression, elle entend porter atteinte au Mali. Pourquoi le Mali, qui n’a jamais manifesté d’hostilité à l’égard de l’Ukraine, est-il devenu une cible ? Pourquoi l’Ukraine soutient-elle certains groupes pour déstabiliser notre pays et le déclare officiellement ? », a-t-il questionné.

Une réaction internationale sollicitée

Dans ses propos relayés par le média African Initiative, Diop a également pointé du doigt les « responsables ukrainiens, y compris leurs représentants diplomatiques » qui auraient « ouvertement » affirmé leur soutien aux groupes terroristes dans le nord du Mali, et évoqué des « actions à venir ». Il en appelle à la communauté internationale pour condamner ces agissements, estimant que « les pays africains et la communauté internationale doivent s’opposer à cela ». Le diplomate malien avertit que ces groupes terroristes aspirent à renverser les gouvernements du Mali, du Niger, et du Burkina Faso.

Il a par ailleurs soulevé des soupçons d’implications extérieures supplémentaires, sans citer de noms, mais laissant entendre que l’Ukraine pourrait n’être qu’une façade pour d’autres puissances.

Rupture diplomatique et alliances renforcées

Le 4 août, suite à des révélations selon lesquelles des agents ukrainiens auraient aidé des insurgés touaregs lors d’une embuscade meurtrière, les autorités maliennes avaient officiellement rompu ses relations diplomatiques avec Kiev, qualifiant ces actions d’ « agression flagrante » contre la souveraineté malienne.

Cette situation de crise s’est étendue au Niger, qui a annoncé également la rupture immédiate de ses relations avec l’Ukraine, accusant cette dernière de soutenir le terrorisme. Ensemble, le Mali, le Niger, et le Burkina Faso ont saisi le Conseil de sécurité de l’ONU pour dénoncer ce qu’ils qualifient de soutien « ouvert » au « terrorisme international » au Sahel.

L’Alliance des États du Sahel pour contrer le terrorisme

En réponse aux défis sécuritaires croissants, les trois États sahéliens ont renforcé leurs liens à travers la création de l’Alliance des États du Sahel (AES) le 6 juillet dernier, suite à un pacte de défense mutuelle signé en septembre 2023. Cette alliance marque une volonté de riposte commune face à la montée de l’insécurité et aux ingérences étrangères, perçues comme un obstacle majeur dans la lutte contre le terrorisme. Le retrait conjoint de la Cédéao en janvier 2024 avait été justifié par ces trois pays en raison de ce qu’ils considèrent comme une instrumentalisation de l’organisation par des puissances étrangères, notamment la France, et son incapacité à soutenir efficacement leurs efforts contre le terrorisme.

Madiassa Kaba Diakité

Source:malijet

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