2 février 2026
Home » Hommage à la Radio nationale du Burkina: la vielle de 65 ans n’a pas de rides

La radio nationale du Burkina a eu 65 ans le 25 octobre 2024. En effet, elle a commencé à diffuser le  sous le nom de Radio Haute-Volta. En 1961, elle intègre son siège actuel. 65 ans après, la Radio nationale garde toujours son charme, pas de rides, bien au contraire. reveil-info.net à travers les ligne qui suivent tient donc à lui rendre hommage.

 

La radio au Burkina

La radio, très vite, a précédé souvent le livre et l’instituteur dans les villages. De ce fait, la radio s’est vue assigner des finalités culturelles particulières d’éveiller les consciences, de susciter l’adhésion des populations aux programmes de développement, et de les informer sur leurs droits et devoirs dans la nouvelle société en construction. Les divers Gouvernements qui se sont succédé à la tête du pays depuis l’Indépendance l’on envisagée comme un instrument d’unification nationale, de modernisation, d’éducation et de développement. Cet intérêt stratégique s’est trouvé agrandi avec la création de la radio rurale et de la radio scolaire, les deux voix du « progrès économique et social ». L’éducation est alors devenue le premier objectif assigné à la radiodiffusion en raison du contexte socioculturel du Burkina : une population essentiellement rurale à 90% et un taux d’alphabétisation qui gravite autour de 35%. Situation préoccupante, d’où l’ambition de combler ces insuffisances dans l’éducation des enfants et des adultes. L’essentiel est de trouver une voie qui permette de ne pas laisser l’alphabétisation au stade de projet. Sur ce terrain, radio rurale et radio scolaire ont tenté de viser les mêmes objectifs, car elles constituent deux moyens d’éducation complémentaires. Malheureusement, la radio scolaire n’a pas été une expérience concluante faute de moyens et faute de formation appropriée dispensée aux animateurs. La mission officielle assignée à la radio rurale est «la formation et l’élévation du niveau de vie des populations rurales ». Le texte du décret stipule que ses activités portent sur l’éducation civique, l’alphabétisation, l’éducation sanitaire, l’élevage, les cultures et les problèmes sociaux en milieu rural. Si les objectifs assignés sont hautement positifs pour le développement, la pratique a révélé une série d’insuffisances après le départ de la mission allemande de coopération à savoir l’insuffisance des moyens alloués au fonctionnement de la radio rurale, le non renouvellement des programmes destinés au monde rural, les sorties peu fréquentes sur le terrain, la faible implication des populations rurales dans les émissions. Face à ces insuffisances structurelles et au déficit de contenu, le développement des radios locales a été envisagé. C’est autour des années 1980, dans le cadre du Programme populaire de développement institué sous la Révolution que se concrétisent le montage technique et la matérialisation des radios locales dans les localités de Diapaga, Djibasso, Gassan, Kongoussi, Orodara et Poura. Inspirées de l’esprit des radios communautaires du Québec, les radios locales entendaient être des compléments utiles à la radiodiffusion nationale. Ces radios, qui ont été implantées dans des sites où les populations étaient restées attachées à leur terroir et à leurs pratiques, entendaient répondre à l’expression d’un besoin pour les collectivités locales : celui de disposer d’outils de proximité à même d’être des supports de création d’espaces de débats et de convivialité. C’est pour cela que bien avant le phénomène des radios FM, les radios locales ont été implantées avec des noms évocateurs et significatifs comme la « Voix des Vergers », «la Voix des Lacs ». Mais très vite les radios locales du fait d’une absence de statut approprié vont tomber progressivement dans un état de dégénérescence et de défection technologique. Autant le besoin en radiophonie de proximité semblait être exprimé de manière franche par les populations concernées, autant, dans la pratique, beaucoup de ces radios ont sombré dans un état de difficultés de tous ordres, comme l’inadaptation du matériel technique par ailleurs défectueux, l’absence de budget de fonctionnement, le manque de suivi-évaluation et surtout plus grave : le manque de participation des populations à la production des programmes et à la gestion de ces radios. Il fallait clarifier leur statut et œuvrer à leur donner un second souffle. Le forum national sur la communication de 1997 a affirmé qu’une « nouvelle vision doit permettre de doter le monde rural de radios locales performantes en tenant compte des critères d’initiatives des populations sur la base des besoins réels d’intégration de ces radios dans la communauté, de la capacité des populations et enfin des caractéristiques culturelles, linguistiques et de rayonnement ». L’Etat devait permettre une large participation des communautés à la vie de ces radios locales. De facto, ces radios ont connu un engouement et un enthousiasme initialement sans précédent. Mais du fait d’une gestion administrative mal définie et hasardeuse ainsi que d’une non prise en compte des charges liées à des structures exigeant un minimum financier pour le fonctionnement, ces radios communautaires ont offert des résultats inférieurs à ce que l’on espérait. Aujourd’hui ces radios locales, loin de constituer des modèles, apparaissent plutôt comme des contre-exemples. Il est donc urgent, dans le cadre de la politique nationale pour le développement, de recentrer le débat sur le rôle et la place de ces instruments de production et de diffusion des informations et de la communication.

Sources: UNESCO, Food and Agriculture Organization-RNB

www.reveil-info.net

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