L’armée française de retour au Tchad un an après avoir été chassée au nom de la « souveraineté »
TchadOne l’avait annoncé il y a quatre mois dans la foulée de la visite de Mahamat Kaka à Paris : la première demande du régime à Emmanuel Macron avait été le retour de la coopération militaire française. Face à un régime dépassé et confronté à des difficultés sur plusieurs fronts, le maréchal-président semble désormais compter sur un appui sécuritaire extérieur pour consolider sa position. Emmanuel Macron l’avait lui-même reconnu publiquement en marge du sommet en France-Afrique de Nairobi en affirmant que « c’est Mahamat Deby lui-même qui a demandé de rebâtir une relation de défense ». Une déclaration qui confirme que la rupture tant célébrée par la propagande officielle n’aura finalement été qu’une parenthèse de courte durée.
Mais ce retour discret d’officiers français à N’Djamena ne changera rien à la crise profonde qui secoue le pays. Aucun contingent étranger ne peut restaurer la confiance perdue entre un régime et une population qui ne se reconnaît plus dans sa gouvernance. Les difficultés économiques, les arrestations politiques, la corruption systémique et le sentiment d’exclusion qui gagne une partie croissante des Tchadiens ne disparaîtront pas avec quelques conseillers militaires. Un régime rejeté par une large partie de l’opinion ne peut trouver son salut dans une protection extérieure. L’histoire récente du continent a démontré qu’aucune présence étrangère ne peut durablement sauver un pouvoir qui a perdu l’adhésion de son propre peuple.
Reveil-info
Correspondance particulière TchadOne à N’Djamena

