3 juin 2026
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CONSTITUTION DE LA IVe RÉPUBLIQUE : IL ÉTAIT UNE FOIS LE 2 JUIN 1991


La date du 2 juin 1991 fut une des étapes historiques majeures pour le Burkina Faso : c’est le jour où la population a adopté par référendum la Constitution instituant la IVe République.
Approuvée lors de ce scrutin, formellement adoptée le 11 juin 1991, elle a été modifiée à plusieurs reprises, notamment en novembre 2024. À l’origine, elle était constituée d’un préambule et de 173 articles.
Le 31 janvier 2022, un acte fondamental rétablit la Constitution et accorde à Paul-Henri Sandaogo Damiba le titre de président. Plus tard, le 30 septembre 2023, le régime burkinabè annonce une « modification partielle » de la Constitution, reléguant notamment le français au rang de langue de travail et supprimant la Haute Cour de justice, l’organe qui jugeait les personnalités politiques. Adoptée par le Parlement de transition, cette révision devient effective en décembre 2023.
Le 30 octobre 2024, le Parlement de transition adopte une nouvelle modification de la Constitution. Celle-ci rétablit la formule de Thomas Sankara, « La patrie ou la mort, nous vaincrons », comme devise nationale, et permet l’adhésion du pays à une confédération, une fédération ou une union d’États. Cette révision constitutionnelle est ensuite soumise au Conseil constitutionnel, puis promulguée le 21 novembre par le président Ibrahim Traoré. Elle entre en vigueur le 30 novembre 2024.
Pour une génération qui n’avait connu que Blaise Compaoré, la démocratie à l’occidentale était, pour beaucoup, un outil qui allait permettre l’alternance, ouvrir véritablement le pays au monde et favoriser son développement et promouvoir les libertés individuelles et collectives.
Cependant, cette période démocratique a permis aux Burkinabè de se faire une idée de la perfidie et de la perversité d’un système qui promeut la corruption, les détournements et la gabegie. En bref, toutes les combines possibles pour atteindre le sommet de l’État sans coup férir tout en laissant des morts dans des placards.
La question que beaucoup se posent aujourd’hui au Burkina Faso est la suivante : sommes-nous sociologiquement et culturellement prêts pour la démocratie à l’occidentale ?
En tout cas, ce fut une expérience marquante qui continue de susciter le débat sur la nécessité de reprendre entièrement la constitution pour qu’elle colle à nos réalités et à nos valeurs !

Aristide OUEDRAOGO
Journaliste éditorialiste, Auteur
Djimite731@gmail.com

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